Recueil - Les féeries
Les féeries
J'entends choquer les molécules
De chaque mot,
L'espace infini se recule
Dans sa coulisse.
Sous l'épiderme ensoleillé
Une piqure
Injecte l'orange liqueur
D'un peuple mûr.
L'astrale ondine est évanouie
Sur le silence
Et le ciel teint sa chevelure
De Terre bleuie.
J'entends discuter les atomes
Dans la semence
Qui de droit tourne et qui réside ?
Qui pense, qui préside ?
L'Homme satyre et sans visage
S'est fait liquide ;
La naïade violée se noie
Nul ne la voit.
Je ne veux pas tomber dans la postérité :
Là réside la difficulté.
Je suis vivant
Je crois,
Contemporain.
Pourtant,
Je ne contemple rien
Et m'en contente
Bien.
Je crois en la Beauté.
En la plus inhumaine :
La Beauté
Renoncée.
Je ne veux pas quitter une Révolution
Pour une autre.
J'avance parmi les cycles,
Entrainé
Par l'ellipse
Aux deux foyers d'amour.
J'écris pour exister
Et non l'inverse ;
Je crie pour résister
Je me renverse.
Mon baptême,
C'est la science.
Omnisciente,
Présumée innocente :
Impuissante.
L'obsession
Excitante
De la Raison.
Mon blasphème
Est le Verbe,
Incisif
Et allègre ;
Je le traine
Devant moi
Comme le chant
D'un merle blanc.
Je ne veux trébucher
Jamais
Que dans l'oeil
D'une fée.
Mais encore je n'existe pas.
Regarde derrière l'apparent
Juste là
Au bout des doigts
Tu ne peux rien atteindre
Rien.
L'impulsion est souveraine
Ma Reine
Ta peau est celle d'un chagrin
Cousue
Autour de la vie nue
Devî, Deva, l'« a » te va :
Absent des sens et non du sang.
Devî déesse évanescente
Deva dévote et dévolue
Devî l'inviolable vacante
Deva vivante et vaniteuse
Devî devise virulente
Deva l'ardente
Devî l'avarie de mes sens
Invariable divinité
Deva, douze vies pour te rêver
N'est pas assez.
Caresse l'arrière de la pensée
De loin
En Loi,
Tu ne l'atteindras pas ;
Deva.
La lueur luit, la Lune est claire,
Mais le Soleil, oui, le Soleil ?
La fumée fume où le feu flambe
La foudre a le droit de noyer
La noyade de s'étoffer
Sous la chatterie de l'éclair
Lumine la lumière.
La fureur fuit, la Lune éclaire,
Mais le Soleil, lui, que fait-il?
Porte se pousse et coeur s'acquière,
Mais le Soleil, oui, le Soleil ?
L'amour se meut, mord, et puis meurt ;
Le Rayon, en cercle, irradie
Pour que les Paradis paraissent,
Que la Paix paisse.
Rien n'est remis à la fortune :
La Terre tourne et le jour journe.
Mais le Soleil, lui, que fait-il ?
Ainsi me répondit la fée :
« Point d'ombre au ciel,
Trop ne l'assombre !
Le Soleil mielle
Et la nuit trombe. »
Il est un autre univers
Où tout arrivera :
Ce qui fut ce qui fera ;
C'est l'envers.
Déversé par derrière,
Que deviendra
Deva
Sur l'autre Terre ?
Se peut-il que, déjà,
Demain se recompose,
Déjà, l'on ose,
Ce qui sera ?
Il n'est d'autre barrière
Que celle-là :
Hier.
J'attends son glas.
Lequel de nous deux restera ;
Nommée chance chantée raison,
Sept saisons
Pour un et caetera.
Puis-je pleurer encore
Ce qui arrivera,
Ce qu'il pleuvra
Sur nos remords ,
Ceux qui plus tôt étaient les morts,
La douleur trépassée,
Le passé sans couleur
Qui vient forcer le sort.
Parut la fée.
Je l'interroge :
« Ici à genoux je demande
- Non point n'amande -
Juste quémande,
Une trêve du souvenir. »
Elle souria...
_ « Que suis-je ? »
_ « Roi »
_ « De quoi ? »
_ « Je ne puis répondre pour toi »
_ « Qu'étais-je »
_ « Proie »
_ « De quel Orion »
_ « Qui d'autre ? Toi. »
_ « Qui suis-je ? »
_ « Un choix »
_ « Ainsi rêvais-je ? »
_ « Non »
Un signe d'affection transparut dans son oeil.
« Ce qui est vécu est réel »
_ « Ainsi en est-il pour chaque chose ? »
_ « Même les songes
Et les deuils qui te rongent
Même l'appel
Des causes
Mais tu es Choix
Tu es le choix que tu ignores
Tu es le Roi
La seule aurore
Le suc ou bien le miel
L'abime ou bien le ciel
La cime
La rose
Demain
Hier
Seront tes choix »
_ « Alors que puis-je ? »
_ « Tremble parfois, respire
Admire »
Une pause
« Aime surtout les choix que tu ne comprends pas »
Et la fée disparut comme elle était venue
J'ai fait le choix
Je crois
De croire.
Il me semble
Qu'un chien aboie
Contre la mort
Qui se rassemble
Le long des rayons d'Oméga ;
C'est le louveteau
Du remords
Aux abois
Qui demain dévorera
Nos charognes indolentes.
On dirait que la lune
Est là pour témoigner
Elle raconte une aurore
Qu'elle a vu s'éloigner
Au son du chant des morts
Derrière la dune
Dans les flottaisons vermeilles
Des canines colères
Qui s'éludent
Sur l'oeil.
Ici point de royaume
De périple princier
Ni point de saints psaumes :
Les Dieux sont évincés.
C'est la Nuit
De la Fée.
C'est mon Songe Mauvais,
C'est l'éponge passée,
De mes choses rêvées :
L'autodafé.
Les formes elliptiques
Des Mondes de Morphée
S'affinent et s'appliquent
Au factuel.
Quand seulement j'apprends
Que déjà, j'ai cessé,
Fut longtemps,
De rêver,
Je me reprends.
Mais le chien m'a mordu
Et la mort fébrifuge
Du rayon revenu
A forgé son refuge
Dans la nuit étendue.
à suivre...
Otorrée
J'entends choquer les molécules
De chaque mot,
L'espace infini se recule
Dans sa coulisse.
Sous l'épiderme ensoleillé
Une piqure
Injecte l'orange liqueur
D'un peuple mûr.
L'astrale ondine est évanouie
Sur le silence
Et le ciel teint sa chevelure
De Terre bleuie.
J'entends discuter les atomes
Dans la semence
Qui de droit tourne et qui réside ?
Qui pense, qui préside ?
L'Homme satyre et sans visage
S'est fait liquide ;
La naïade violée se noie
Nul ne la voit.
Contemporain
Je ne veux pas tomber dans la postérité :
Là réside la difficulté.
Je suis vivant
Je crois,
Contemporain.
Pourtant,
Je ne contemple rien
Et m'en contente
Bien.
Je crois en la Beauté.
En la plus inhumaine :
La Beauté
Renoncée.
Je ne veux pas quitter une Révolution
Pour une autre.
J'avance parmi les cycles,
Entrainé
Par l'ellipse
Aux deux foyers d'amour.
J'écris pour exister
Et non l'inverse ;
Je crie pour résister
Je me renverse.
Mon baptême,
C'est la science.
Omnisciente,
Présumée innocente :
Impuissante.
L'obsession
Excitante
De la Raison.
Mon blasphème
Est le Verbe,
Incisif
Et allègre ;
Je le traine
Devant moi
Comme le chant
D'un merle blanc.
Je ne veux trébucher
Jamais
Que dans l'oeil
D'une fée.
Mais encore je n'existe pas.
Perception
Regarde derrière l'apparent
Juste là
Au bout des doigts
Tu ne peux rien atteindre
Rien.
L'impulsion est souveraine
Ma Reine
Ta peau est celle d'un chagrin
Cousue
Autour de la vie nue
Devî, Deva, l'« a » te va :
Absent des sens et non du sang.
Devî déesse évanescente
Deva dévote et dévolue
Devî l'inviolable vacante
Deva vivante et vaniteuse
Devî devise virulente
Deva l'ardente
Devî l'avarie de mes sens
Invariable divinité
Deva, douze vies pour te rêver
N'est pas assez.
Caresse l'arrière de la pensée
De loin
En Loi,
Tu ne l'atteindras pas ;
Deva.
Et le Soleil ?
La lueur luit, la Lune est claire,
Mais le Soleil, oui, le Soleil ?
La fumée fume où le feu flambe
La foudre a le droit de noyer
La noyade de s'étoffer
Sous la chatterie de l'éclair
Lumine la lumière.
La fureur fuit, la Lune éclaire,
Mais le Soleil, lui, que fait-il?
Porte se pousse et coeur s'acquière,
Mais le Soleil, oui, le Soleil ?
L'amour se meut, mord, et puis meurt ;
Le Rayon, en cercle, irradie
Pour que les Paradis paraissent,
Que la Paix paisse.
Rien n'est remis à la fortune :
La Terre tourne et le jour journe.
Mais le Soleil, lui, que fait-il ?
Ainsi me répondit la fée :
« Point d'ombre au ciel,
Trop ne l'assombre !
Le Soleil mielle
Et la nuit trombe. »
Le choix
Il est un autre univers
Où tout arrivera :
Ce qui fut ce qui fera ;
C'est l'envers.
Déversé par derrière,
Que deviendra
Deva
Sur l'autre Terre ?
Se peut-il que, déjà,
Demain se recompose,
Déjà, l'on ose,
Ce qui sera ?
Il n'est d'autre barrière
Que celle-là :
Hier.
J'attends son glas.
Lequel de nous deux restera ;
Nommée chance chantée raison,
Sept saisons
Pour un et caetera.
Puis-je pleurer encore
Ce qui arrivera,
Ce qu'il pleuvra
Sur nos remords ,
Ceux qui plus tôt étaient les morts,
La douleur trépassée,
Le passé sans couleur
Qui vient forcer le sort.
Parut la fée.
Je l'interroge :
« Ici à genoux je demande
- Non point n'amande -
Juste quémande,
Une trêve du souvenir. »
Elle souria...
_ « Que suis-je ? »
_ « Roi »
_ « De quoi ? »
_ « Je ne puis répondre pour toi »
_ « Qu'étais-je »
_ « Proie »
_ « De quel Orion »
_ « Qui d'autre ? Toi. »
_ « Qui suis-je ? »
_ « Un choix »
_ « Ainsi rêvais-je ? »
_ « Non »
Un signe d'affection transparut dans son oeil.
« Ce qui est vécu est réel »
_ « Ainsi en est-il pour chaque chose ? »
_ « Même les songes
Et les deuils qui te rongent
Même l'appel
Des causes
Mais tu es Choix
Tu es le choix que tu ignores
Tu es le Roi
La seule aurore
Le suc ou bien le miel
L'abime ou bien le ciel
La cime
La rose
Demain
Hier
Seront tes choix »
_ « Alors que puis-je ? »
_ « Tremble parfois, respire
Admire »
Une pause
« Aime surtout les choix que tu ne comprends pas »
Et la fée disparut comme elle était venue
J'ai fait le choix
Je crois
De croire.
Fièvre
Il me semble
Qu'un chien aboie
Contre la mort
Qui se rassemble
Le long des rayons d'Oméga ;
C'est le louveteau
Du remords
Aux abois
Qui demain dévorera
Nos charognes indolentes.
On dirait que la lune
Est là pour témoigner
Elle raconte une aurore
Qu'elle a vu s'éloigner
Au son du chant des morts
Derrière la dune
Dans les flottaisons vermeilles
Des canines colères
Qui s'éludent
Sur l'oeil.
Ici point de royaume
De périple princier
Ni point de saints psaumes :
Les Dieux sont évincés.
C'est la Nuit
De la Fée.
C'est mon Songe Mauvais,
C'est l'éponge passée,
De mes choses rêvées :
L'autodafé.
Les formes elliptiques
Des Mondes de Morphée
S'affinent et s'appliquent
Au factuel.
Quand seulement j'apprends
Que déjà, j'ai cessé,
Fut longtemps,
De rêver,
Je me reprends.
Mais le chien m'a mordu
Et la mort fébrifuge
Du rayon revenu
A forgé son refuge
Dans la nuit étendue.
à suivre...


