Les haleurs sont partis, ont laissé le navire,
L'équipage endormi cuve son vin trempé,
Le capitaine à quai déplore son empire ;
Seule encor sur les flots la nef est délaissée.
Plus ne commandera ce pauvre commandant !
Sentant craquer les os de sa coque de bois
Ceint d'épixyles et de malandres pourrissants
Jusques aux durs maillons plongeant dessous l'effroi.
Homme libre pourtant il chérissait la mer !
Sur cette mer, la mer, toujours recommencée,
Sans fin l'ivre bateau croulait au cimetière
Des poètes maudits qui tant l'avaient rêvé.
Combien de paysages oniriques oubliés !
Que d'oubli dans les eaux, sous les courbes du ciel !
Ô, combien de visions véraces vérolées !
Que de feu, de fureur, au fond des mers de fiel !
Combien d'humus vierges, de limons désolés !
Que d'abandon à l'air de nos noyés sereins !
Combien parmi l'écume de tombes scellées !
Que d'ennui dans la nuit de l'horizon matin !
Corsaires disparus, Poètes engloutis,
Vous qui disiez déjà ces pièges périlleux,
Vos lourds aveux marins ne nous ont pas suffi
Et nos barques élancées sont dérobées des cieux.
Les haleuses mignonnes négligent l'ouvrage,
Cédant aux sirènes le soin des amarres
Enivrées. Ô, si loin de toi s'échoue ta rage,
Ô Pauvre Capitaine ! Console-toi des mares...
Va, retourne en voyage auprès de tes racines,
Reviens courir les rues et découvrir ta ville !
Pour tant de vies gâchées enfouies sous leurs épines,
Tes roses sur le flot s'engouffrent dans l'exil.
L'équipage endormi cuve son vin trempé,
Le capitaine à quai déplore son empire ;
Seule encor sur les flots la nef est délaissée.
Plus ne commandera ce pauvre commandant !
Sentant craquer les os de sa coque de bois
Ceint d'épixyles et de malandres pourrissants
Jusques aux durs maillons plongeant dessous l'effroi.
Homme libre pourtant il chérissait la mer !
Sur cette mer, la mer, toujours recommencée,
Sans fin l'ivre bateau croulait au cimetière
Des poètes maudits qui tant l'avaient rêvé.
Combien de paysages oniriques oubliés !
Que d'oubli dans les eaux, sous les courbes du ciel !
Ô, combien de visions véraces vérolées !
Que de feu, de fureur, au fond des mers de fiel !
Combien d'humus vierges, de limons désolés !
Que d'abandon à l'air de nos noyés sereins !
Combien parmi l'écume de tombes scellées !
Que d'ennui dans la nuit de l'horizon matin !
Corsaires disparus, Poètes engloutis,
Vous qui disiez déjà ces pièges périlleux,
Vos lourds aveux marins ne nous ont pas suffi
Et nos barques élancées sont dérobées des cieux.
Les haleuses mignonnes négligent l'ouvrage,
Cédant aux sirènes le soin des amarres
Enivrées. Ô, si loin de toi s'échoue ta rage,
Ô Pauvre Capitaine ! Console-toi des mares...
Va, retourne en voyage auprès de tes racines,
Reviens courir les rues et découvrir ta ville !
Pour tant de vies gâchées enfouies sous leurs épines,
Tes roses sur le flot s'engouffrent dans l'exil.
par Arakiri
publié dans :
Poésies


