Février fut, en fait, le premier au courant
Des rumeurs de Janvier qui se cachaient déjà,
Tous les mois ont passé ainsi que des instants
Et de Mars à Juillet ils traînèrent mon émoi.
Quand ceux çi eurent ôté leurs grands manteaux de blanc,
Un rayon du soleil de l'été retardé
Vint comme se poser sur les branches du temps,
Migrateur du printemps rapportant ma gaieté.
Septembre, lui, plus fort, fut teinté de bonheur,
Il marcha tout l'automne avec agilité ;
Sous la peau chiffonnée par la mue de Novembre,
Les serpents de l'hiver enfui se faufilaient.
Décembre, Janvier, Février, Mars et Avril
Furent tous pour moi comme un rêve éveillé :
Chaque jour, luminaire suspendu au fil,
Oscillait tendrement entre grâce et beauté
Et mon coeur balayé par les saisons jalouses,
Pendu à sa fenêtre, empli de peines lestes,
Regardait défiler, par colonnes de douze,
Tous ces mois qui dansaient sans se soucier du reste !
C'est jusqu'à Mai, ainsi mené, que j'ai vogué,
Vogué ou divagué, je ne savais plus bien ;
À l'apogée enfin de cette étrange année
Une autre vie commence en chatoyant demain,
Mon bonheur est passé par ce calendrier
Mais ce grand échéancier s'achève aujourd'hui ;
Ce jour dont j'ai rêvé, ce jour émerveillé,
Ce jour est arrivé à l'aube de ma vie !
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