Des perles chaudes et dorées
S'enroulent sous mes doigts serrés,
Glissant jusqu'aux creux des lignes
De ma paume dans ta main fine.
Poussière des anciens rochers !
De la mer et du vent alliés,
L'ouvrage le plus délicat,
Trésor éparpillé çi-là ;
Vestige du monde écrasé !
S'élève au vent, semble valser,
Dansant sur les souffles lointains
De déserts et vagues d'étain ;
Collé de sueur sous l'ongle
Dispersant sa voilure longue
À l'haleine de la marée,
Cyclique étreinte déliée ;
Quand dans l'oeil humide, tapi,
Il s'accommode d'un abri,
Le sel des larmes sans peine
Chasse de l'iris la gêne.
Il crisse quand la chair s'appuie
Au moelleux linge de son lit :
Drap de velours ou cage dure,
Ce joueur mystérieux murmure
Jusque dans le tympan docile
De granuleuses ritournelles ;
Ami incongru de l'esthète,
Sans nul doute, il est poète !
Ayant gagné notre confiance,
Le fourbe, éloigné de méfiance,
Sournoisement ensevelit
Les amants par ses dons séduits.
Poussière des anciens rochers !
De la mer et du vent alliés,
Les perles chaudes et dorées
S'enroulent sous mes doigts serrés.
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