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L'auteur :
M.D. Arakiri
Vendredi 6 janvier 2006



Blanche est la feuille
Comme rouge ton sang
Qui coule sous les draps
Tu ne respires plus

De te dire adieu

J'ai oublié
À Dieu
Je t'en remets

Blanche est la feuille
Comme noires les idées
Que je broie
Dans mon deuil

De t'écrire
J'ai estimé
Inutile
Encore une fois

Blanche est la feuille
Comme bleu ton ciel
À présent
Tu es seule

Contemple-le
Ne regrette rien
Sans moi
Personne

Blanche est la feuille
Comme noire la nuit
Où je ne t'ai plus aimé
Morbide libération

Tu étais tout
Tout a une fin
Le moyen
Est justifié

Blanche est la feuille
Comme clair mon esprit
Où sombre mon âme
Heureux désarroi

Le tien s'arrête
Le mien est venu
Le nôtre révolu
Le temps continue

Morte est la femme
Comme éteinte ma douleur
Vole la feuille
Comme libre mon cœur

Libre mon cœur
Comme oublié l'amour
Évidente ta mort
Comme éteinte la douleur

 
La morale de cette histoire, restant sans queue ni tête :

La passion a ces limites là où elle gène celle des autres
La liberté là où elle perd son sens


Par Arakiri - Publié dans : Premiers recueils - Voir les 1 commentaires
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Commentaires

Ma femme est morte, je suis libre !
Je puis donc boire tout mon soûl.
Lorsque je rentrais sans un sou,
Ses cris me déchiraient la fibre.
 
Autant qu'un roi je suis heureux ;
L'air est pur, le ciel admirable...
Nous avions un été semblable
Lorsque j'en devins amoureux !
 
L'horrible soif qui me déchire
Aurait besoin pour s'assouvir
D'autant de vin qu'en peut tenir
Son tombeau ; – ce n'est pas peu dire :
 
Je l'ai jetée au fond d'un puits,
Et j'ai même poussé sur elle
Tous les pavés de la margelle
.
– Je l'oublierai si je le puis !
 
Au nom des serments de tendresse,
Dont rien ne peut nous délier,
Et pour nous réconcilier
Comme au beau temps de notre ivresse,
 
J'implorai d'elle un rendez-vous,
Le soir, sur une route obscure.
Elle y vint – folle créature !
Nous sommes tous plus ou moins fous !
 
Elle était encore jolie,
Quoique bien fatiguée ! et moi,
Je l'aimais trop ! voilà pourquoi
Je lui dis : Sors de cette vie !
 
Nul ne peut me comprendre. Un seul
Parmi ces ivrognes stupides
Songea-t-il dans ses nuits morbides

A faire du vin un linceul
?
 
Cette crapule invulnérable
Comme les machines de fer
Jamais, ni l'été ni l'hiver,
N'a connu l'amour véritable,
 
Avec ses noirs enchantements,
Son cortège infernal d'alarmes,
Ses fioles de poison, ses larmes,
Ses bruits de chaîne et d'ossements !
 
– Me voilà libre et solitaire !
Je serai ce soir ivre mort ;
Alors, sans peur et sans remords,
Je me coucherai sur la terre,
 
Et je dormirai comme un chien !
Le chariot aux lourdes roues
Chargé de pierres et de boues,
Le wagon enragé peut bien
 
Ecraser ma tête coupable
Ou me couper par le milieu,
Je m'en moque comme de Dieu,
Du Diable ou de la Sainte Table !
Commentaire n° 1 posté par Charles Baudelaire le 18/05/2006 à 22h51
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