La Ville, à l'ombre de ses rues,
S'endort tranquille.
Le pavé glissant de la rue
Couvre la ville.
La ville, aux abords de ses toits
Hisse les tuiles ;
Depuis les gouttières aux abois
Coule la ville.
La ville, au bout de ses impasses
Laisse un asile
Aux habitants des journées lasses
En pleine ville.
La ville, au détour des avenues
Reste indocile
Pour le voyageur inconnu
De cette ville.
La ville, depuis de vieilles pierres
Tisse ses fils
Entre les lourdes maisons fières
Du centre-ville.
La ville, aux bordures des trottoirs
Baisse les cils ;
De ses grands yeux de goudron noir,
Pleure la ville.
La ville maquille ses allées
Où fleurs défilent,
Abritant des arbres isolés
En coeur de ville.
La ville garde en elle un port,
Une vielle île,
Où les marins prennent le bord
Vers d'autres villes.
La ville a son obscur égout
- Mais pas stérile -
Laissant suinter rage ou dégout
Contre la ville.
La ville, en face des faubourgs
Et de profil,
Détaille aux routes les contours
Cernant la ville.
La ville, avec ses hautes tours,
Reines immobiles,
Touchant en dernier l'horizon
Depuis la ville ;
La ville, sous les arcs-en-ciel,
Cache l'idylle
Regretté des temps ou bien belle
Était la Ville.
par Arakiri
publié dans :
Poésies


