Supplice de l'insecte coincé dans la soie,
Pénétré lentement d'un funeste venin,
Dont le corps furieux tressaille et se déploie
Puis se plie, se débat, acharné - mais en vain.
Émerveillement du germe éclos dans la rosée ;
Frêle morceau de vie, tige nue sous la terre,
Prince se voyant roi, couronné par les blés,
S'abreuvant au soleil de cette ivre nature.
Joie de la vie donnée ! Peine de celle due !
Agonie de la proie soudainement saisie,
Jouissance de la lionne et du lionceau repus,
Dignité dans la mort et dans la barbarie !
Luminescente extase, au soir érubescent,
Du ciel en se noyant vers l'horizon confus
Sur la mer endormie où le Soleil descend
Quand de roses nuages au loin sont apparus.
Profondeur du sommeil, étrangeté nocturne,
Frémissement des êtres obscurs et ténébreux ;
Univers de ces nuits aux rêveries diurnes
Dans lequel l'âme est seule maitresse des lieux.
Silences étoilés des ballets migrateurs,
Caresses de la brise, caprices des marées,
Explosions des volcans, colères des profondeurs,
Douceurs de l'herbe nue, gifles de l'air gelé...
Il semble à tout instant que Nature t'ait volé !
Chacun de ses spectacles me rappelle à toi :
Bien qu'essayant sans cesse de te ressembler,
Sa Cruelle Beauté n'est qu'un terne plagiat.
par Arakiri
publié dans :
Poésies


