Les trois petites Anglaises
Assises dans le train
Red, brown, blond,
S'amusent
Le rideau de leurs jupes
Masque la scène
De l'érotique
Sans exotisme
Elles parlent fort et rient,
Mais elles rient si fort,
Qu'accentue l'assonance .
Et elles rient en coeur
C'est bien le seul langage sur le propos duquel
Tous les peuples s'entendent
Reb, brown, blond,
Les trois petites Anglaises
Fraiches dès le matin
Poudrées et colorées,
Filant de patrimoine
National
À l'approche des mâles,
Cachent bien leur pâleur.
Les trois petites Anglaises
Petites puritaines
Que tous dévisagent
Sont de parfaites nonnes
Et la sainte nitouche
A béni leurs derrières
Aux allures divines
D'intouchables
I'm so sorry sir,
gald to meet you,
Révérences gracieuses
Bien que tant maladroites.
Que les instincts de l'homme
Sont rongés par la peur !
Et la bestialité,
Fantasme refoulé
Des civilisations.
Que les désirs de l'homme,
Sont loin de vérité...
I
Pas encore homme, mais plus enfant
Abandonné au vaste monde
J'ai trouvé ma Nation, elle grouille sous ta peau
Son peuple qui s'anime est le sang de mes mots
Mais ses portes sont closes et m'ignorent
Alors exclu de mon Pays, j'erre
Et ne trouve refuge que dans le feu des fêtes
L'ivresse de l'oubli des rires exclamés
II
J'entends derrière moi le vacarme
Les jeux des enfants, les fusées qui s'élancent
Le grelot amusant de cette pluie sucrée
Et devant moi je vois le bout
Des tunnels creusés par ces petites mains
Brillent ou ne brillent plus les contes des vieillards
Assis entre deux choses, le distinct se détache
Je confonds avec toi mes seules certitudes
Et les poupées qui chantent
Les fillettes dansantes
Le feu des canons de ces soldats de plomb
La route piétinée aux genoux des garçons
III
Les gamines sont devenues de vraies petites femmes
Et ma poitrine résonne au souffle de cet homme
Que je ne connais pas
Qui peut-il bien être ?
Ce qu'il deviendra sous ce qu'il a été.
IV
Marche
Marche encore !
Il n'y a que des routes
Il te faut bien marcher !
Sous tes pas le bitume semble se dérober
Tu as quitté ton poste, tu as déserté
Ne te retourne pas, les roses sont fanées
Profite des auberges où tu ne trouveras pas
Le battement du coeur de ta maison perdue
Il bat encore c'est tout ce qu'il te faut savoir
Marche devant, la route est longue
Marche en avant, l'arrière-garde est tombée !
Tous les soldats de plomb en un mot renversés
Vieillesse est l'ennemi
Entre les profondeurs des caniveaux voraces
Ne chancelle jamais, ta place est devant toi
Marche sans regarder alentour
La beauté est un piège trop facile
Avance, ne te retourne pas,
Écoute le bruit de tes pas
L'hiver
Revenu
S'était trop
Fait attendre
La glace
Fondue
À retrouvé
Sa force
Le froid
Transperce
Nos maisons
vides
Les coeurs
Gelés
Ont oublié
La chaleur
L'ivresse
S'est figée,
Elle reste
Intacte
L'amour,
Seul
Ne survit pas
À la gelure.
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Je suis léger, j'aime, autant qu'aimer se peut !
Derrière le bandeau apposé sur mes yeux
Cachée dans mon regard, seule certitude,
La passion aveuglée semble naître du vide.
Encombré d'un coeur qui n'écoute jamais rien
Je reste admiratif devant le va-et-vient
Des pensées qui percent les trous dans ma mémoire
Par lesquels fuit enfin de mes rêves le fard
Mes paupières lavées savent à présent s'ouvrir
Je ne vois rien de plus qu'avec mes yeux fermés
J'entends toujours en moi se répandre ton rire
Ta voix ; tes silences et ton souffle parfait
Ce que je tais est plaqué d'or... ce qui de toi
Résonne dans mon ventre : c'est l'écho, là !
Les ondes de chaleur nourrissant mon amour
Un océan troublé où je me noie encore
À tire-d'aile s'envolent mes doutes désuets
Je peux marcher enfin la tête relevée
J'aime, je le sais, mais est-ce suffisant ?
Il reste à l'avouer, c'est le plus dur pourtant...
Comme les meilleurs bijoux des femmes, rangés dans leurs tiroirs
Qu'elles ne sortent que quand il faut.
Elle n’affiche sa grandeur, ses sourires ; que rarement : Perle [précieuse
Il y a sur ses lèvres qu’elle livre parfois
Une splendeur divine, les autres jours masquée
Un instant tout est beau, chaque trait, chaque geste
Elle sort enfin parée de ses plus beaux bijoux
Et quitte le masque livide, embruns pourtant de la beauté
Qu’elle porte nuit et jour, qui la cache tout entière
Quand son intégrité émerge des bribes d’une œuvre naissante
Il y a tout en elle : Immensité ! Plaisirs infinis ! Joie et Ivresse !
Il sort de sa beauté naturelle le sublime
Geyser submergeant hommes et terres alentour
Profusion de bonheur, explosive existence !
Qui ne dure qu’un instant.
Lumière... Menteuse !
Tu recouvres,
Masques,
Déposes ta clarté
Naïve
Superficie
Colorée
Essaye d'effacer
Le monochrome
De la nuit imposé
Derrière les yeux fermés
Tu n'as jamais brillé !
D'un battement de cil
On croit t'éliminer
Tu ne meurs donc jamais ?
La mort et des
Milliers d'années
Ne t'épuisent pas,
Onde éternelle
Des astres
Éteints.
Comment fais-tu pour transpercer
Le bandeau sur mes yeux posé ?
Je te vois sans te regarder.
Une évidence
La nuit,
Comme des roses fanées que l'on force
Fleurissent nos arbres effeuillés
Les couleurs illuminent nos villes
Qui des cieux se confondent aux étoiles
Les rayons impassibles froidement figés
Éclairent de fausses flammes le béton armé
Tous les regards brillants des immeubles braqués
Croient fièrement braver seuls l'obscurité
Veulent briller toujours, veulent briller encore
Mais n'éclairent rien de plus que l'eau sur les trottoirs
Qui s'écoule avec peine sur la roche taillée
Marquée, peinte, pavée de goudron écoeurant
Et reflètent mille éclats de la nuit indécise
La lumière enveloppe tout le sombre et le laid
Mais ce n'est que de l'or sur de la boue plaquée ;
Du verre essoufflé qu'on ose nommer diamant ;
Des perles qu'on appose sur une coque vidée ;
La pépite illusoire sur un tas de charbon ;
Excréments de la mine creusée sous l'apparent,
Derrière l'éclat somnolent les ténèbres
En son absence brille la sombre vérité.
Elle est morte ma ville
Elle est morte d'ennui
Sa jeunesse vieillit
La vieillesse l'envie
Elle est morte aujourd'hui !
Hier son agonie
Par l'hiver endurcie
Voulu suffire enfin
Elle est morte ma vie
De sa mélancolie
Les neiges infinies
L'avaient assez usée
Elle se lassait déjà
Il était temps aussi,
l'ivresse était finie
Et son âme affaiblie
Elle est morte ma ville
Sa joie s'était enfuie
Emportant à l'oubli
Les innocents glacés
Elle s'étale et file
Vers l'horizon joli
Sur le pavé blanchi
Des routes enneigées
Elle est morte, ma ville
Centre et périphéries
Sa chaleur est partie
Enluminer Paris
Elle en était meurtrie
Privés de l'énergie
Nous avons dû céder
À ses sens interdits
Elle est morte ma vie
Et ses places désertes
Ont perdu l'euphorie
Des habitants partis.
De cette longue nuit
Les blancs murs d'ici
Éclairés à demi
Bloquent toute sortie
Elle est morte, ma ville
Elle est morte aujourd'hui
Elle est morte ma vie,
Elle est morte d'ennui.


