À moi, l’amour !
Jamais unique,
Sauf en son sens
Si je panique.
Suffit une heure,
Et que ton cœur
Regarde ailleurs,
Pour me faire taire.
Pour étouffer
Les vains espoirs
Qui grandissaient
Sans trop y croire
----- Silence ! -----
Entends venir les mots morts nés
Que tu aurais pu murmurer
SILENCE, écoute-les !
Contente-toi d’être ivre
Et de rêver
Si tu ne peux
Vivre…
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Encore une nuit
Bercé de cette,
Douce et muette
Mélancolie.
La même vie
Calme et sereine,
Pas anoblie
Par la haine
M’attend encore
Tous les lundis,
Toutes les heures,
Toutes les nuits !
Peine jolie
Parcourt veines,
Cœur et esprit
Et m’envahit.
Mais elle complète
Ma solitude,
Insatisfaite
Des servitudes
Que lui imposent
Les beaux sourires
Que tu déposes
Sur son empire.
Ce faible empire !
Hanté souvent
De ton absence,
De tes soupirs,
Des doux regards
Dont tu ignores
L’emprise sûre
Qu’ils exercent
Sur mon bonheur
Si dépendant
De cet « amour »
— Inexistant —
Maintenant, va
T’en au plus loin
Que tu pourras
De mes chagrins
Éloigne-toi
Je t’en supplie,
De mes émois
Et de mes nuits.
Je me retire
(De préférence)
Silencieuse,
Révérence...
Tous les deux plus deux, n’égalent pas l’inconnue.
Les savantes remarques sont des prières moroses
Que dans la religion l’homme avait méconnu,
Faut-il qu’aujourd’hui la science nous les impose ?
Hui est-il défendu de ne croire qu’en la prose,
De rêver seulement d’équations littérales,
Ne pas numéroter les atomes et les astres,
Et contempler seulement la matière banale ?
Contourner les calculs, évitant le désastre :
Se pencher vers la plus simple forme du beau,
Regarder une femme, une étoile, un oiseau !
En faire des chansons, des recueils ou des livres
Sans que soit nécessaire cette ignoble façon
Qu’ont les hommes de toujours rechercher la raison
Et qu’il faille que nous, tortionnaires inhumains
Devions les disséquer pour nous sentir moins cons.
Quelle que soit notre science ou notre vérité
Sots, nous l’avons été et nous le resterons
Si tant est que toujours nous serons obstinés
Et que face aux questions nous nous entêterons
À creuser sous la vie pour trouver les « trésors »
Des milliers de soldats que l’on sait alignés ;
Savoir à quel moment peut-on fusionner l’or
Avec l’ignorance et pour nous rendre aveugles !
Cette intelligence que l’on veut nous donner
Ne rime qu’avec les chiffres, droits et ordonnés.
Est-ce que nos premiers mots eux-mêmes ne furent pas
« Deux plus deux égal… trois ?… Désolé, je ne sais pas ! » ?
Et lorsque tous nos jours se seront écoulés
Qu’on aurait pu chacun d’une croix les marquer
Que nous restera-t-il des racines carrées ?
Notre âme j’en suis sûr, elle ne sait pas compter !
Quelle est la formule qui ne soit pas magique
Que l’on emportera avec nous dans la tombe
Serait-ce un compte-rendu de vos mathématiques ?
Y-a-t-il une trace de vos sciences dans l’ombre ?
Alors que les mots même vont y perdre leur sens !
Un auteur vous dira où son cœur peut l’emmener
Ses écrits resteront pour que vive mieux l’enfant
— Les futures naissances seront mieux éclairées —
Le mathématicien, mort, ne nous laisse rien !
Qu’un bien triste héritage qui sera contredit :
« E=mc3 », dira l’autre abruti
S’écriant « eurêka, j’ai trouvé, je l’ai fait !»
Il pourra disserter, et voulant nous prouver
Qu’il est moins sot que ne le fut notre premier
Il nous démontrera les vertus de ses lois
Que nul ne peut encore, nier cela va de soit !
Les savants justement savent peut-être qu’ils ignorent
Du moins qu’ils ont terré au fond d’eux cette époque
Bienheureuse de l’enfance où l’on ne connaît pas
Encore ses tables, mais, l’on sait déjà parler
À quoi sert vivant de pouvoir poser pied
À mille et mille milliards de kilomètres faits
Dans le sens contraire où l’on devrait aller
Perdus dans cet espace qui nous fait tant rêver
Mettre la vie en chiffres est une peine perdue
La beauté dans les noms que l’on donne aux choses
Suffirait amplement à comprendre et aimer
Les mondes qui nous composent, sans devoir les compter
Qu’elle se trouve ou non séparée de nos corps
Il n’y a pas de fonction pour dire où va quelle âme
Plus que de microscope pour comprendre les femmes
Ou de formule chimique pour rencontrer l’amour
Dire qu’un simple sourire de celle qui nous séduit peut poser sur nos yeux ce voile merveilleux !
Les bénignes douleurs deviennent souvenirs
Et pour quelques instants notre cœur est heureux,
Bercé du silencieux soupir de ses yeux
— Celui contre lequel on changerait un empire —
Sur un drap nuageux, vers les cieux agréables,
Notre âme va, légère ; se pose, s’ensommeille ;
La vie redevient simple et son lit confortable
Quand elle s’illumine au feu de ses prunelles
— Ces phares éternels dans les yeux de la belle —
On trouve la chaleur des étreintes oubliées
Que l’enfance a omis de garder dans nos cœurs,
Celle de la première demeure charnelle :
— Le cocon qui un jour nous a fait papillon —
Ce temple de la vie : le ventre maternel
Dans lequel nous osions juste tourner en rond,
Ne sachant pas prier pour y rester toujours,
Avant de le quitter pour ne rejoindre qu'elle
— Celle qui au grand jour sait rendre ces plaisirs —
Bercé par les murmures étouffés de ses yeux
Pendant quelques instants notre cœur est heureux,
Retrouvant la magie perdue des souvenirs
Dire qu’un simple regard de celle qui nous épris sut poser sur nos yeux ce voile merveilleux…
Le bonheur c’est aussi :
Un regard incompris,
Un amour inavoué,
Un rêve incomplet
Sans le sombre éveil,
Sobre et ennuyeux
Et ses désillusions.
Les passions cachées
Là, pour animer
Nos âmes ravies
De mélancolie.
Salies, mais vivantes
Et bien satisfaites
De nos faits et gestes,
Pas même hantées :
Rien à regretter…
Mes sourires s’ennuient, ils sont toujours punis
Condamnés à rester collés au coin des lèvres
Qui elles sans se livrer, de l’absence s’enivrent
Si tu en voulais, ils seraient moins monotones
Si tu les veux, je te les donne !
Et mon cœur en voudrais-tu ?
— Sur place ou à emporter —
S’il le faut je m’entretue,
On pourrait le partager :
Un morceau pour chaque seconde,
Sur l’horloge vagabonde,
De la vie que je façonne.
Pourrais-tu les rassembler
Comme les feuilles de l’automne ?
Si tu les veux, je te les donne !
Mes mains sont bien fatiguées
De dormir toute la journée
Et ce n’est plus une plume
Qui va les réconforter ;
Elles ont pourtant l’habitude,
Et savent bien les manier,
Mais tu as cette légèreté
De la parure des oiseaux
Elles pourraient te cajoler
(ça les changerait du stylo)
Il suffit que tu les sonnes,
Si tu les veux, je te les donne !
Si tu me veux, je me donne...
S’il faut deux pour une moitié,
Si des tierces nous séparent
Majeures et mineures sonnées,
S’il est un manque à combler :
En quatre, en tiers ou entier.
Pourvu que tu me pardonnes,
Je te donne tout volontiers
Vivre la vie
Au jour la nuit
N’est plus possible,
C’en est fini !
Élémentaire,
Mon cher ami :
Restons scolaires
Et matinaux
Le jour m’ennuie :
Toujours assis
Pas sur du sable !
Derrière une table…
Assimiler
Toute la journée
Des théorèmes
Si monotones
Et encaisser
Toute la journée !
Les indécences
De votre science
Sans la saveur
Alcoolisée,
Une rigueur
Est imposée
Garde captifs
Nos esprits vides
Pourtant actifs,
Que l’école bride
Réduits au rang
D’un cervelet,
De chair, de sang.
Qu’il faut user
Pour le bon sens
De notre France
Bien éduquée ;
Aux descendants
Tous formatés
À l’identique
Les mêmes idées,
Même « sens critique »
Belle jeunesse,
Et uniforme :
Tous en pleine forme
Prêts à voter…
Courage tenu fermement
Comme un jouet dans des mains d’enfant
J’irai : fier, debout, te voir.
(Sous réserve que je sois ivre)
Comme le gris héros d’un livre :
Le cœur embourbé d’espoir
Pour t’annoncer que je me suis
Résolu à donner ma vie.
Pas pour une noble gloire
Ou même pour une sotte patrie,
Mais pour toi, malsaine jolie !
Derrière ce tableau noir,
Où tu me trouveras bien idiot
Je n’aurai, non, plus un seul mot
À livrer à l’abattoir.
Plus aucun ! Je serai muet !
Mon âme, tue, t’aura aimée
Là terminera l’histoire
D’une cavale qui sera brève
Mais déjà fut longue en mes rêves….
Vaguelette dérisoire
À l’océan de ma folie
Qui pourtant hantera mes nuits,
Ira harasser l’ivoire
De mes défenses anémiques
Vidées de tout leur sang critique ;
Exil véloce de mémoire.
Bonsoir, bonsoir
Bonsoir espoir, et au revoir…
J'ai écrit ce texte il y à longtemps en essayant de pratiquer l'écriture automatique
Néant néant néant néant
Les géants de métal glacé
S'abattent ensemble, hiver
Entourent de villes le vide
De froid, de froid, de froid, de froid !
Néant néant néant néant
Sentiers d'acier effacés
Reste le chaos, le chaos
Héros des villes absentes !
Héros du monde éteint !
Héros des cœurs meurtris !
Néant néant néant
L'artiste, inconscient !
Veut vivre, veut créer !
Veut créer, veut vivre !
Dérisoire
Utopie,
Utopie :
Utopie.
Utopie !
Seul, unique, constant
Le néant est partout
Puisqu'il ne règne rien !
Le néant, héros, seul !
Berceau et linceul
De ceux qui voient
De ceux qui meurent
Héros du vide
Héros morbides !
Héros stupides
Héros futiles
Héros avides :
Toujours plus ! Encore ! Encore !
Néant néant néant néant !
Incompris et heureux
Heureux de n'être rien
Rien que d'être heureux
De ne pas croire au bonheur
Illusoire remplissage
Mirage, mirage, mensonge !
Le néant seul est victorieux
Le néant seul est honorable
Puisqu'il n'est pas, et ne veut l'être
Puisqu'il est ce que nous ne sommes pas
Le néant est, nous ne pensons plus
Le néant meurt, et nous vivrons
Néant néant néant néant
Nada nada nada nada
Néant néant néant néant…
Lire le commentaire avant le texte
Je n’ai jamais rien été
Que le bon copain
Celui qu’on apprécie
Qu’est sympa, qu’est gentil
Mais qu’on aime tellement
Qu’on l’veut pas dans son lit
Celui qu’écoute toujours
Toutes vos histoires d’amour
Vos joies, vos souffrances
Vos souvenirs de vacances
Celui qui entend tout
Parce qu’on peut tout lui dire
Mais ce que vous ignorez
Commères invétérées
C’est que neuf fois sur dix
Vous parlez à un mur
Devrait-on dire un meuble
Qui écoute, qui sourit .
Qui grimace si les larmes
Vous montent en me parlant
D’un autre, de celui
Qui vous a torturé
C’est moi qu’en paye le prix
Qui doit vous consoler
Ha, si seulement !
Je pouvais moi aussi
Être un vrai salopard
Partir sans dire au revoir
Et vous laissez chouiner
Dans les bras d’un tocard
Qui n’aurait alors
Plus qu’une idée en tête :
Vous aider coûte que coûte
À retrouver l’moral
Après tout, c’est normal !
Quand une jolie fleur
S’écroule dans vos bras
Pour fondre en pleurs
Et menace de faner
Qu'est-ce que vous voulez faire ?
Il faut bien la soigner
Et tant pis si c’est vous
Qui devez l’arroser
L’aimer et l’élever
Pour qu’un autre la cueille
Et qu’elle revienne seulement
Approcher votre seuil
Quand elle aura été
Encore abandonnée
Je n’ai jamais rien été
Que le bon copain
Celui qu’on apprécie
Qu’est sympa, qu’est gentil
Mais qu’on aime tellement
Qu’on l’veut pas dans son lit
Celui qu’écoute toujours
Toutes vos histoires d’amour
Vos joies, vos souffrances
Vos souvenirs de vacances
Celui qui entend tout
Parce qu’on peut tout lui dire
« Tiens, ça faisait, deux mois
Que je ne l’avais pas vu
Celle-ci ou celle-là
Sans doute pas besoin de moi »
Il l’a plaqué hier,
Et je le remercie
Car aujourd’hui c’est moi,
Qui la tient dans mes bras
Elle ne pense qu’à lui
Mais ses cheveux c’est moi,
Qui doit les écarter
De ses yeux imbibés
Par les larmes qu’il
A fait fleurir en elle
Et pour rien au monde
Je n’échangerais
Sa place avec la mienne,
Ta joie contre ma peine.
Pas besoin qu’elles m’aiment
Et pas besoin d’aimer
Si c’est pour les briser
Et qu’elles s’en aillent
Pleurer chez un ami
Qui serait toujours ouvert
Pour les réconforter.
Ma place de confident
De copain, pas d’amant
De sac à pleurs, de ramasse cure-dent
De noctambule
Qu’on réveille à pas d’heure
Mais qu’on ne dérange pas
Puisqu’il ne dort jamais
Je la garde et j’y tiens
C’est une place réservée
Et chérie par mes soins
Mais ce que vous ignorez
C’est qu’au fond je m’en fous
Pas de vous, surtout pas
Mais de toutes vos histoires
Ça me foutrait l’cafard
Encore plus que je ne l’ai
Déjà si j’écoutais...
Toutes tes histoires d’amour
Tes joies, tes souffrances
Tes souvenirs de vacances
Dans tes récits amers
Tout ce que je savoure
C’est le son de ta voix
Le goût de l’amitié
Et pour rien au monde
Je n’échangerais
Sa place avec la mienne
Ma place de confident
De copain, pas d’amant
De sac à pleur, de ramasse cure-dent…
Notre humeur est passante par delà nos remparts
Et transpire par-dessus tout ce que l’on désire,
Il n’est rien qu’on ne cache qui ne puisse ressortir
Lorsque notre chemin, du destin se sépare.
Nos parures d’été l’hiver se transfigurent
Pour montrer le chagrin que l’on cache peut-être,
Tous les mots mentent encore, seule reste l’âme honnête.
Un esprit bienveillant verrait la signature
Au travers de nos yeux, des passions envolées,
De la chaleur de nos souvenirs estivaux
Et la mélancolie dégouline des mots
Qui commémorent la fièvre de nos nuits d’été.
Cette rentrée m'ampute
De deux paires de bras
Quatre mains d'amis :
Une partie de moi...
« La vie est une pute »
Je ne le croyais pas,
Elle me l'a prouvé
En deux mois d’été
Il n’a pas fallu
Plus la provoquer
Pour qu’elle s’acharne
Sur notre assemblée
Il n’a pas suffi
Qu’elle donne la vie !
Elle nous la reprend
Vite ou lentement…
Et pour couronner
Le tout en beauté
Il faut qu’elle éloigne
Des amis sincères
Des cœurs passionnés.
Certains l’ont déjà
Approchée de près
Elle les a brisés !
Elle prend deux moitiés
Qui m’enlèvent un tout
Me laissant pourtant
Une intégrité,
Entredéchirée
Par cette rupture.
Des morceaux de moi
Sont éparpillés…
Vous allez sûrement
Bien plus me manquer
Que je ne m’y attends
Déjà maintenant….
À vous deux, je vous aime… :-)


