Pensées, tous vos conseils qui reprissent les coeurs
Amour, tes longs bras souples aux gestes affolés
Poèmes, votre Grâce embaumée de sueur
Toi, tes yeux réclamant tout ce qui t'appartient,
Neige, ton beige brouillard et ta retraite lente
Soleil, tes regards doux sur nos corps embrasés
Pluie, tes gouttières de tendresse suintante
Nuit, ton épais nuage aux célestes nuées
Toi, tes sourires nus qui caressent ma peau,
Poésie, ton parfum, ton haleine divine
Prose, ta silhouette empruntée de danseuse
Vers, avec vos vacarmes et silences infimes
Phrases, les points-virgules de mes heures heureuses
Toi, tes hanches posées dans le creux de mes mains,
Vents, vos vaporeuses joies aux odeurs d'été
Sang, toute ton adresse à dérober l'aurore
Arbres, vos grises langueurs et vertes gaîtés
Bruit, tes étranges écarts tracés à traits d'or
Toi, le goût de tes mots et secrètes promesses...
Temps, ton manteau trainant derrière tes pas lourds
Solitude, ta Force d'englober les autres
Peines, vos rênes déliées des brides d'Amour
Joies, à travers vous, les émois qui sont vôtres
Toi qui tiens mes sourires, tes peines et tes joies,
Me donnent l'envie de vivre,
Me donnent envie d'écrire !
Laisse donc là ce peigne...
Cela te rend si belle,
Quand tes cheveux s'emmêlent !
Allons mon étincelle,
Éloigne la grisaille,
Par ces sourires sincères
Que si bien tu m'inspires ;
Allons ma bonne fée,
Va te démaquiller...
La magie du regard
Est plus forte sans fard !
Allons, viens, ma princesse,
Danser ton allégresse ;
En pas - dans mes pensées -
Aux allures effrénées !
Allons ma voyageuse,
Sur nos routes heureuses
Enlevons nos souliers
Pour fouler les graviers ;
Allons ma bohémienne,
Puisque tu te fais mienne
Et que je t'appartiens :
Soyons Libres demain !
Sans jamais s'asservir
Autrement qu'aux sourires,
Aux rêves partagés
Et à notre gaieté,
Poursuivons notre espoir
Ensemble chaque soir,
Partons sans retenue
Voguer vers l'inconnu !
Lions nos quatre mains
Et jusqu'aux lendemains,
Partageons tous les deux
Ce rêve merveilleux ;
Allons ma comédienne,
Redis-moi que tu m'aimes !
Et jouons à ce jeu
Que tu gagnes toujours...
Allons ma bohémienne,
Laissons là notre peine ;
Sur le quai de la gare
Nous fuirons au hasard !
L'hirondelle et le moineau
La faucille et le marteau
La corbeille et le corbeau,
Mirabelle et Mirabeau
La prunelle et le pruneau
La poubelle et le plus beau
Les plus belles et le palot
La corneille et le cornu
La rebelle et le rebut
La belle sous un corps nu
La pucelle et le salaud
La vielle et le gigolo
Le gros sel et le gros lot
...
La fourchette et le couteau
La corbeille et le corbeau,
La faucille et le marteau,
L'hirondelle et le moineau,
Mirabelle et Mirabeau
La mitraille et le métro
La déraille et le dévot
La gazelle et le gigot
La chapelle et le chapeau
La groseille et les grelots
La grisaille et le grisou
La Giselle et le grigou
La sale et le saligaud
Le sommeil du lève-tôt
...
La fourchette et le couteau
L'hirondelle et le moineau
La corbeille et le corbeau
La faucille et le marteau,
Mirabelle et Mirabeau !
On a trempé notre plume dans notre envie de changer de vision
De prendre une route parallèle, comme une furtive évasion
On a trempé notre plume et est-ce vraiment une hérésie
De se dire qu'on assume et qu'on écrit de la poésie
Il existe paraît-il, un instant dans l'écriture
Qui oublie la page blanche et efface les ratures
Un véritable état second, une espèce de transe
Qui apparaît mystérieusement et s'envole en silence
Que l'on rape ou que l'on slame, on recherche ce moment
Il allume une flamme qui nous éclaire brièvement
Cette flamme est la preuve, laisse moi t'en faire une démo
Qu'il est possible de combattre le mal par les mots
C'est tout sauf une légende, on espère juste toucher l'instant
Les quelques secondes du poète qui échappent à l'espace-temps
Les moment rares et irréels que la quiétude inonde
Rouda, n'oublie jamais notre parole du bout du monde
On ressent comme une coupure dans la vie, comme un rêve
On oublie les coups durs de la vie, comme une trêve
C'est un phénomène puissant, je ne te parle pas d'inspiration
Mais d'un souffle plus profond comme une seconde respiration
On voit et on entend l'encre devenir vivante
On goûte et on sent la saveur d'une rime errante
On touche du doigt l'instant qui nous enveloppe de sa puissance
C'est sans cesse la renaissance de l'essence même de nos cinq sens
C'est le moment où on passe de l'autre côté des paysages
On sympathise avec le vent et on tutoie les nuages
Il fait jour en pleine nuit et il fait nuit en plein jour
Profite de cet instant, il ne durera pas toujours
C'est tout sauf une légende, on espère juste toucher l'instant
Les quelques secondes du poète qui échappent à l'espace-temps
Le moment où le voile se lève et la magie s'élance
Là où j'ai croisé Souleymane au bout du sixième silence
Si on a pas atteint le Nirvana, on doit en être au seuil
Pourtant je suis simplement assis là devant ma feuille
Peut-être que cet instant n'existe que dans mon esprit
Et que je suis complètement mythomane lorsque j'écris
Mais laisse moi mon stylo, y'a pas moyen que je m'arrête
J'ai une envie d'écrire comme t'as une envie de cigarette
Et pour m'enlever ce désir je te demanderais de repasser
Car tant que je pourrais écrire je continuerai de penser
Que c'est tout sauf une légende, on espère juste toucher l'instant
Les quelques secondes du poète qui échappent à l'espace-temps
Les moments que l'on redécouvre, que l'on connaît plus ou moins
Tu l'as déjà touché Jacky, j'en suis témoin
On a trempé notre plume dans notre envie de changer de vision
De prendre une route parallèle, comme une furtive évasion
On a trempé notre plume et est-ce vraiment une hérésie
De se dire qu'on assume et qu'on écrit de la poésie.
Sont dans tes yeux, je les ai vus »
Quand ton regard sourit
Au mien qui se détourne ?
C'est Amour !
Quelle est cette réserve
Qui seule me retient
Quand le désir me prend
De t'attraper la main ?
C'est Amour !
Quelle est cette allégresse
Qui affleure soudain
Quand je sens la caresse
De tes paupières satins ?
C'est Amour !
Quelle est cette complainte
Qui de mes lèvres tombe
Quand ton volet s'abaisse
Et me laisse dans l'ombre ?
C'est Amour !
Quelle est cette langueur
Qui tout autour bourdonne
Quand je n'entends ton coeur
Près de moi qui raisonne ?
C'est Amour !
Quelle est cette vision
Qui s'anime en secret
Quand je détaille encore
Tes mots sur le papier ?
C'est Amour !
Quelle est cette ferveur
Qui joue de ma passion
Quand l'encre noire inscrit
Les Lettres de ton Nom ?
C'est Amour !
Quelle est cette bouffée
Qui surgit du néant
Quand mes folles pensées
Me rapprochent de toi ?
C'est Amour !
Quelle est cette Douceur
Qui s'enracine en moi
Quand je sens sous ton sein
Battre ton coeur de joie ?
C'est Amour !
Il faut aimer la mer,
Il faut lire, mon cher,
Il faut voyager vers
Les floraisons d'hiver ;
Elles soufflent de beaux vers !
Pour faire quelques pieds,
Qui fassent quelques mètres
Doucement enjambés,
Il vous faudrait peut-être
Un peu d'agilité ;
Leur apprendre à danser !
Pour composer un air,
Ou le moindre couplet,
Il faut être bien fier
Et armé de toupet ;
C'est l'âme de cet art :
Il faut le faire chanter !
Et pour faire un sonnet,
Il vous faut emprunter
Des rimes embrassées
Aux amoureux d'été !
Il fallait y penser,
Pour faire un beau sonnet...
Par trois fois les anges sont passés »
Est le miroir des cieux :
Mais j'aime mieux les yeux
De ma mie. »
Février fut, en fait, le premier au courant
Des rumeurs de Janvier qui se cachaient déjà,
Tous les mois ont passé ainsi que des instants
Et de Mars à Juillet ils traînèrent mon émoi.
Quand ceux çi eurent ôté leurs grands manteaux de blanc,
Un rayon du soleil de l'été retardé
Vint comme se poser sur les branches du temps,
Migrateur du printemps rapportant ma gaieté.
Septembre, lui, plus fort, fut teinté de bonheur,
Il marcha tout l'automne avec agilité ;
Sous la peau chiffonnée par la mue de Novembre,
Les serpents de l'hiver enfui se faufilaient.
Décembre, Janvier, Février, Mars et Avril
Furent tous pour moi comme un rêve éveillé :
Chaque jour, luminaire suspendu au fil,
Oscillait tendrement entre grâce et beauté
Et mon coeur balayé par les saisons jalouses,
Pendu à sa fenêtre, empli de peines lestes,
Regardait défiler, par colonnes de douze,
Tous ces mois qui dansaient sans se soucier du reste !
C'est jusqu'à Mai, ainsi mené, que j'ai vogué,
Vogué ou divagué, je ne savais plus bien ;
À l'apogée enfin de cette étrange année
Une autre vie commence en chatoyant demain,
Mon bonheur est passé par ce calendrier
Mais ce grand échéancier s'achève aujourd'hui ;
Ce jour dont j'ai rêvé, ce jour émerveillé,
Ce jour est arrivé à l'aube de ma vie !
Et voilà, c'est l'heure
Le moment choisi
Pour vous deux, c'est l'heure
Et pour nous aussi
L'heure de la rencontre a sonné
Par trois fois les anges sont passés
Lui, il n'a vu qu'un regard si triste et si sombre
Il fit apparaître une lettre
Aux mots tendres et sur ces mots tendres
Elle a reposé son regard si triste et si sombre
Il a vu que c'était elle
L'étoile la plus belle, ô ciel
Elle a su que c'était lui
Le futur présent de sa vie
Lui ? .. il est seul
Le nez planté aux étoiles à blanchir
Lui ? ..encore seul
Brûlait la carte du tendre, ô défaut d'amour
Elle est seule
Confondue par ses oracles elle s'esseule
Elle, à maudire
Sa cour à court de miracles
Puis il a quitté son maquis
Pour l'emmener il est parti
De rien et de loin c'était le pari
Elle n'aurait pas pu s'éveiller
Se lever et étinceler
Dans son écrin sans couleur, couloir des soucis
Il a vu que c'était elle
L'étoile qu'il cherchait dans le ciel
Elle a su que c'était lui
Le futur présent de sa vie
Elle est partie
Laissant tous ses oripeaux, ses ghettos
Elle prit parti
Pour cet homme qui avait su
Parler à son cœur endormi
Révélée par tant d'ardeur elle sourit
Elle s'épanouit
Jetant aux orties la peur
Elle a retrouvé le 'la' qu'elle avait égaré là-bas
Au fond tout au fond de son cœur il se cachait là
Il a vu en elle la corde sensible qui pourrait les sauver
Sonner le glas de leurs vies glacées
Il a vu que c'était elle
L'étoile la plus haute au ciel
Elle a su que c'était lui
L'éternel présent de sa vie
Et c'est l'heure
Aujourd'hui
L'instant choisi
Oui c'est l'heure
Aujourd'hui
De balayer les soucis
De parler d'amour. et de vie
L'instant choisi
Pour tout dire
En deux mots
Deux fois oui
Aiment également, dans leur mûre saison,
Les chats puissants et doux, orgueil de la maison,
Qui comme eux sont frileux et comme eux sédentaires
Amis de la science et de la volupté
Ils cherchent le silence et l'horreur des ténèbres;
L'Erèbe les eût pris pour ses coursiers funèbres,
S'ils pouvaient au servage incliner leur fierté.
Ils prennent en songeant les nobles attitudes
Des grands sphinx allongés au fond des solitudes,
Qui semblent s'endormir dans un rêve sans fin;
Leurs reins féconds sont plein d'étincelles magiques
Et des parcelles d'or, ainsi qu'un sable fin,
Etoilent vaguement leurs prunelles mystiques.
Plus longue est la fleur à s'ouvrir
Plus le bonheur tarde à venir
Et plus l'union se fait attendre ;
Moins la passion se laisse faire
Moins la raison se mêle au coeur
Plus ces choses-là se font tendres ;
Meilleur est l'instant attendu.
elle sait où me voir
toujours employés
à réduire les écarts
quand on l'approche enfin
aussi près qu'on aille
on ne possède rien
elle va où elle veut
du feu du bruit
pour mériter le silence
au bout du compte
ça ressemble à de la chance
et comme on dit parfois
si tu tiens à toi
ne fais jamais comme eux
elle va où elle veut
si tout file entre nos doigts
les jeux qui nous tiennent
resteront toujours là
y'a rien à dire de plus
depuis toujours
c'est une chose entendue
elle va où elle veut


