À toi lectrice affamée
Qui ne peut connaître
Au travers de mes mots
Qu'un reflet de mon être
Toi, avide et perverse
Toi qui suces le sang
Qu'à tes pieds je déverse
Fais d'un mot ton amant !
Quand t'auront abandonnés
Les hommes et leurs promesses
Les mots t'auront aimée
Pour plus que de la fesse
Tu me lis, je te vois
Et déjà, tu m'accuses
D'être futile, sans loi
Pourtant, je m'amuse !
L'hypocrisie des mots
M'ennuie bien plus que dû
Le faire ton amour
« Moi, je ne pense qu'au cul ?»
Les doux mots de cœur
Me détruisent et m'écoeurent
Ton corps lui m'obsède
Seuls mes mots le possèdent
J'ai fait un rêve obscur ;
Où je fuyais lâchement
D'ignobles créatures.
Cette nuit sans sommeil
En déesse incongrue,
Elle m'est apparue.
Je l'ai trouvée si belle !
La lune démasquée
Engloutissait mon âme ;
Je ne sus pas mentir
Et lui ai tout avoué.
Elle s'en foutait bien,
Mais je l'ai contemplée
Toute une nuit d'été
Et jusqu'au lendemain :
Cet inflexible époux
Des dames convoitées
Qui, en amant jaloux,
Est venu me narguer.
L'aurore, sa complice,
Vielle pie, de bonne heure
Œuvrait à mon supplice :
« Lève toi, sot rêveur ! »
Passion ! Astre divin !
Jusqu'à la nuit au moins,
Comme pour l'oublier
Je me noie dans le vin.
Pourtant, comme la femme,
Dans ses cycles assassins ;
Un soir, éteinte, absente
- Et l'autre, mécontente ! -
En honnête princesse,
Chaque nuit, ponctuelle,
S'élève puis s'affaisse ;
Mais de plus en plus belle !
Jusque dans ses quartiers,
Dans les moins mal famés,
Rôdent d'affreux vautours
Prêts à nous dévorer...
Avec le temps,
Puisqu'il faudra
Bien faire avec !
On grandira
Avec le temps
On s'enfuira
Même sans argent,
Peines sous bras
Avec le temps
On remplira
Notre valise
D'amour comptant
Adultes, enfants
Ou vieux et laids,
Avec le temps
Vont trépasser
Avec le temps
On sera perdants
Puisque l'horloge
N'abandonne pas
Si le beau temps
S'en va déjà
La pluie, le vent
Ne m'effraient pas
Avec ou sans
On s'y fera :
Heureux, amants,
On cheminera...
Laisse-moi le temps
D'être avec toi
Et de le perdre
Dans tes bras
Je ferme les yeux
Ne les contrôle plus
Et reste envieux
Devant l'inattendu
Surprise dévoilée
J'aurais dû l'attendre !
Ce mystère confus
Pouvait-il me surprendre
Au point de m'aveugler
Comme l'oiseau perdu,
Au nuage de fumée
Qu'il n'avait pas prévu ?
« Prévoir », ce n'est pas peu dire !
Pourtant, c'est toujours le pire
Qu'avant tout j'envisage
Mais, la fabuleuse image
Qui devant moi s'est présentée
M'a bien plus qu'étonné !
Puisque auparavant je n'avais
Jamais vu plus beau visage
Oui, c'est le tien encore
Qui ce soir m'inspire
Me pénètre et m'imprègne
De toute sa splendeur
Sans prévenir, s'affirme !
Arrache même un sourire
Aux visages infirmes
Des sombres étourdis
J'aime à vivre sans
Me soucier de comment
Demain va se passer
Puisque je t'attendrai...
Tout va si vite
Il est trop tard
Pour rattraper
Toutes ses erreurs
Tard pour agir,
Pour accepter
Même de réagir :
Te courir après !
Ça ne vaut plus ;
Temps décompté
Qui me taquine.
Et à ton bras,
Se tiennent, heureux
D'autres que moi
Eux qui ont su
Saisir la chance
De vivre un jour
Une nuit peut-être
(Un siècle, une vie !)
À tes côtés
Ceux qui savaient !
Ont appris à aimer
Ou bien est-ce inné ?
En suis-je privé ?
Ou juste un idiot
Un lâche, un sot
Plein de défauts,
Pas mieux qu'un mot...
Déçu du vin comme de l'amour
Tel que me l'a soufflé Baudelaire :
Je serai ce soir ivre mort
Et me coucherai sur la terre
Je serai si fier de m'enivrer
Une fois passée la déroute
Plus un soupçon de honte
Tout n'est que volupté !
Les peurs volatiles s'échappent
Je t'absorbe sans y penser
Toi qui peut-être m'as aimé
Ça, je ne le saurai jamais
Et ma bouteille, au fond, vidée
S'en moque bien autant que toi !
La raison puisqu'elle m'a quitté
Ne me pousse plus dans tes bras
Bras que j'aurais trouvés fermés
Si je n'avais tant profité
De cet alcool pour t'oublier
De toutes ces nuits pour te rêver
Oh ! Je préfère l'ignorer
Ce qui déchirerait mon être
S'il envahissait ma tête
Ignoble poème qu'est la vérité !
« Elle ne peut m'atteindre,
Je ne veux l'écouter ! »
Pourtant, infâme, elle
S'acharne à me traquer
Je t'aime et c'est certain
Mais tu n'es pas devin
Pourquoi suis-je muet ?
Est-ce pour m'égarer
Loin des heureux sentiers
Sirènes qui m'attraient
Pour mieux m'assassiner,
Puis encore m'enivrer ?
Tu ne m'aimes pas, je crois
Comme j'aimerais l'ignorer !
Garder toujours en moi
L'espoir puéril d'un « mais »
Puisqu'aucun d'eux ne tient,
Que rien ne me retient,
Je boirai à ta santé
Et je vais t'oublier !
Ma plus grande force, c'est ton absence !
Oh, voilà qui sonne faux !
Douce beauté à mes sens
Comme j'aime leur mentir...!
Amoureusement leur dire
Que tu n'es pas l'essence
Qui me pousse à vivre
Chaque jour me parfume
M'embrume et m'enfume,
D'étincelles anhydres
L'Eau-de-feu qui m'enivre.
Je leur mens, chaque nuit
Égaré à l'ennui :
Non ! – leur dis-je
« Elle n'est rien pour moi :
Une vulgaire potiche
Qui ne vaut pas d'émoi
Plus que d'un moindre sou
Pas de quoi être soûl
Ce soir encore je bois
Certes, mais c'est pour moi,
Cela ne fait pas loi.
Je ne l'aime pas ! Pire que ça
Je la hais ! Pas cette fois,
Vous ne m'aurez pas. »
Reste encore à espérer
Qu'ils me croiront...
Une de plus, une de moins
Celle-là aussi, m'abandonnera
Plutôt mourir que d'avouer
Que j'aime, que j'ai aimé
Que la nuit, assoupi,
C'est bien toi qui ronges
Le calme de mes songes.
Je suis las de mentir
Pourtant, il le faut bien
Toujours s'en sortir :
« Ce n'est rien, tout va bien »
Ma plus grande force, est-ce mon silence ?
L'herbe éternelle pousse
Partout où j'ai surpris
Les hommes, ces passants,
Épandre au sol leur vie ;
Vomir leurs problèmes,
Cracher de l'eau brûlante,
Par gerbes étincelantes ;
Un enfer, des flammes !
Brûlures créatrices
Qui engendrent un présent
Sur la terre, drôle d'engrais
S'écoule des cicatrices
De ceux qui vomissent
Leurs dernières étincelles
D'amour, de joie, d'envies,
Offrent au sol leur ciel.
Et puisque le septième
N'était pas le dernier,
J'attends l'autre merveille
Pour fleurir mes lauriers
Et pour m'y reposer
Dans ce tombeau macabre,
Un buisson saisonnier
Envahi de cadavres.
Je donne rendez-vous
Aux fleurs cet hiver :
« Venez jeter vos graines
Au linceul de ma haine »
Puisqu'elle ne peut éclore
Il faudra bien qu'elle meure !
Je lui donne à vivre encor,
Quelques saisons d'horreur :
J'irai m'épandre à mort
Seul, me mettrai à nu
Pour offrir en un soir
Mille litres de mon sang
Par ma bouche survenue
Comme une pluie acide
Qui en un mot me vide :
L'eau-de-feu, faute de mieux...

Au café de la gare,
On se quitte toujours
Sur une bagarre
C'est ivres morts, (encore !)
Qu'on se regarde chacun
De ce petit air hautain
Avec eux, c'est certain
Pas un lendemain
Sans un soupir...
De désespoir
Pas un souvenir
Sans éclats de rire !
Les vieux copains
Ceux qui n'ont pas besoin
Pour comprendre, de dessins
Quand ça ne va pas
Un mot, c'est déjà trop
Pour qu'ils le sachent, le voient
Ces copains-là sont morts de froid
Quand, tout à coup, un jour
Je t'ai donné toute ma chaleur
Au café de la gare
On se dit adieu, c'est mieux
Pas sûrs de mourir vieux
Nous revoilà, comme d'habitude
Cœurs éteints par l'amertume
La tête en l'air, six pieds sous terre
Les yeux ébouriffés
Des folies de la veille,
Des passions partagées
C'est au café de la gare
Sur le quai, désarmés
Épuisés de s'aimer
Qu'on se quitte une fois de plus
La der des derse ? J'espère !
Ces « au revoir » m'exaspèrent...
2/ Mourir sans Regrets
3/ Dans le miroir
4/ Absence
5/ Tes Yeux
06/ Cette vie sans toi
07/ Si le jour, la nuit...
08/ Qui-vive
09/ Ceux qui rêvent
10/
Rêve
11/ Cauchemar
12/ Insomnie
13/ "Nous"
14/ Murmure
15/ La Goutte
16/ Céleste Apathie
17/ Alcool
19/ 16 ans déjà
20/ Souvenirs
21/ Voyageur du Temps
22/ Du haut des maux
23/ Vivre pour soi
24/ Génétique
25/ Ce chemin
26/ Solitude
27/ Ces moments-là
28/ Erreurs
29/ Hurlement
30/ Que peut-il nous arriver ?
31/ Besoin d'être
32/ L'abîme de ma démence
2/ Mourir sans Regrets
3/ Dans le miroir
4/ Absence
5/ Tes Yeux
06/ Cette vie sans toi
07/ Si le jour, la nuit...
08/ Qui-vive
09/ Ceux qui rêvent
10/ Rêve
11/ Cauchemar
12/ Insomnie
13/ "Nous"
14/ Murmure
15/ La Goutte
16/ Céleste Apathie
17/ Alcool
19/ 16 ans déjà
20/ Souvenirs
21/ Voyageur du Temps
22/ Du haut des maux
23/ Vivre pour soi
24/ Génétique
25/ Ce chemin
26/ Solitude
27/ Ces moments-là
28/ Erreurs
29/ Hurlement
30/ Que peut-il nous arriver ?
31/ Besoin d'être
32/ L'abîme de ma démence
C'est fou le nombre de vies
Qu'on peut rêver en une nuit
Que l'on passe en tête à tête
Là-bas, loin de la fête
Que sont ces longues
Secondes, semaines
D'amour et de haine
Sont-ce des songes ?
Des mois de mai entiers
Qui se font chaque heure
Dans les esprits rêveurs
Des saisons, des années
En une nuit sans sommeil
Faire des rêves pareils !
L'aurais-je cru enfant,
Puis-je le croire maintenant ?
Oui, car vient le réveil
Chaque jour se lève
Puis repart, sans trêve
Me laisse pis que la veille
Dure vie pour ceux
Qui, la tête aux cieux
Sautent leur tour
Quand vient l'amour
Ceux qui rêvent de toi
Mais jamais n'oseront
Autrement te toucher
Que la nuit, endormie
Te toucher en secret
Pendant que, tranquille
Tu rêves à tes baisers
(Oh, comme c'est facile !)
Ceux, faibles, à tes cotés
Qui ne dévoilent jamais
Qu'ils t'aiment chaque soir
Et te mentent le jour
Que ce conditionnel,
Qui passe et pourrait être
Bien plus que parfait
S'il brûlait les futurs
Supplices qui pendant
La veille, au coin du lit
Au soir venu se glissent !
Qu'il me donne des ailes,
Pour qu'au milieu des champs
S'abattent, en cœur, sur elles :
Les capricieux échos, rugissants
De millions de fusils
Qui résonnent aux vents
Ainsi qu'à mes oreilles
Que ce braisier m'éclaire
De sa flamme encore libre,
Tel le corbeau blessé
Duquel seules encore vibrent
Les tempes ruisselantes
Près de la balle enfouie :
Rougeoyante prunelle !
Qu'ils viennent, ces messies
Ils mentent aux ignorants
Et me visent, aujourd'hui
Oui ! Mais l'oiseau mourant
Surveille autour de lui ;
Guette la mort au tournant
Qu'ils viennent, j'attends...
Je rêve de te dévoiler
Tout ce dont j'ai rêvé,
Rêvé que je pouvais
Te dire que j'aimerais :
M'étouffer du parfum
De tes cheveux satins.
M'enivrer de l'odeur
Des Lilas en fleur.
Repousser de la main
Ceux qui, sur ta joue, s'égarent ;
Me frayer un chemin
Pour déposer mes lèvres.
Goûter en secret
Dans ton profond sommeil
Le piment de ta bouche,
Et le sel de ta peau
T'enlacer, t'étreindre
Et, sans un mot craindre,
Former autour de toi
Un cercle de mes bras
Contre moi, te sentir
T'épanouir, t'endormir,
Entendre sans bouger
Ton coeur s'essouffler
...
Ô belle demoiselle, je me sens bien peureux !
De vous il me semble mes mots tombent amoureux,
Le temps et ses reflets loin de vous m'emportent.
Souvenirs incertains de ces lointains printemps ;
Mon cœur est tout à vous, mais le corps est tremblant
Malgré quelques remous, c'est évident pourtant !
Sans m'inquiéter de rien, je me plie au destin :
Je parcours ton chemin mon âme entre tes mains
Et ne me soucie point des élans de demain.
Je me fous de tes « non »
Autant que d'avoir raison
M'indiffèrent les problèmes
Autant que cet air blême
Qui me suit sans arrêt
Et même à tes côtés !
Leur succèdent les regrets
De ne pas savoir t'aimer
Tout comme tu le voudrais
Bonheur d'insatisfait
Séquelles persistantes
De ces peurs étanchées
Par l'amitié naissante
Qui quand même me ronge
Parfois, la nuit, me hante
Jusqu'à rompre l'entente
Faible, entre l'esprit
Et le corps établie
M'emporte à ton oubli
Et me déchire encore
Quand se lève le jour
Loin de tout cet amour
Dont je rêve, cependant
Qui me tue, et pourtant...
Comme le chat apeuré
Par son ombre, reflet ;
Par un sombre reflet !
Mes soupirs résonnent
Et se perdent au miroir
Où seuls tes yeux brillent
Se tient prêt à mourir
Hais la vue de son âme
Qui lui est révélée
Figé, il contemple
L'existence dérobée
Comme si une nuit
Éclatait le silence
Enfin rompre l'ennui
Qui s'enfuit, à tire d'aile
Virevolte, désinvolte
S'écrase puis rebondit
Surgit d'une insomnie
Se joue bien de ma vie
M'achève et me survit
Consume l'encre vitale
Qui s'enlise au papier
Comme le chat apeuré
Glissant d'une hauteur
Et s'effondre, haletant
Sans signer cet amour
Amour de ceux qu'il hait
Haïssant ce qu'il est
Se perd dans ce reflet
Ces miroirs, menteurs
Où seuls brillent tes vœux
Il brûle, me détruit
Revient pour m'éveiller
Sans haine, sans pitié
Revient ronger mes nuits
De bonheur illusoire
Trop banals
Sont mes mots
Bien trop menteurs
Et sonnent faux
Mots pour mentir
À mon égard
Mots pour vous dire
Qu'il est bien tard
Pour parler... d'amour
De vie de rêve, d'amour
Du temps de mort, d'amour
De toi de moi, d'amour !
Temps écoulé
La vie s'en va
Abandonnée
Bien loin de moi
S'enfuient les jours
Rien ne retient leur
Merveilleuse envolée
Étreinte d'angoisse
Effrayé par trop
De brute vivacité
Plus douce, la mort
Seule, m'attrait
Peur primitive
Attache mon âme
A ceux qui vivent
Au corps des femmes
Barreaux d'acier
Sur la chair blanche
Rêche et glacée
Maculée de sagesse
Portes closes mortelles
Gardien schizophrène
Des douleurs réveillées
M'interdit l'accès
Au tapis étoilé,
Constellation
D'inhumanité
Aberration...
Banalités inévitables
De vocabulaire
Langage trompeur
Aux vérités variables
Déclaration tardive
Égoïste confession
De mon incapacité
À m'exprimer
Quand il s'agit
De rêve, de vie
Temps qui s'enfuit
D'amour aussi
Guerre vaine et gâchée
Lâche désertion
Présents survivants
Abandonnés
Exode annuel
Du calendrier
Envol trompeur
Des migrateurs
Enfant apeuré
Devant le monde
Autant d'horreurs
Pardonnées aux morts
Prison corporelle
De féminité
Gardienne frêle
Des égarés
Barreaux d'acier
Sur la chair blanche
Rêche et glacée
Maculée de sagesse
Gardien schizophrène
De ma propre prison
Des clefs fictives
En ta possession
Attention au détour
Pleins phares, vive allure
Accident au carrefour
Éclaté dans ta voiture
Prends garde à ton mégot
Qui te ronge encore
Prend ta confiance, ton égo
Halte-là ! S'infiltre ta mort
Méfie-toi des femmes
Belles, douces et souriantes
Cachent au fond d'elles
Ta propre haine, la chantent.
« Ti amo, ti amo » mon amour
Tienanmen de ton âme
Place terrestre de la haine
Carrefour mortel des cœurs.
Assassines sirènes
Ne veulent que déverser
De ton cœur tes peines,
Ton sang à leurs pieds...


