Textes

Lundi 18 février 2008
Sur des fleurs la fenêtre s'ouvre
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L'écran fond

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Renommer :
                « Ève »
Une souris serpentine
A pointé la verte pomme

Virtu-elle est sans vertu
Entièrement nue sous mes doigts
Qui claquent sur le clavier
L'araignée viendra la mordre

Voulez-vous vider la mémoire ?
                Effacer
                Annuler
La prudence est de passage

À portée des yeux le savoir
Redémarré
Un million de liens sacrés
Qui furent numérisés

Les sites merveilles du monde
L'Afrique internetisée
Consommer l'éducation
Pédophilie d'inaction

L'univers à ta merci
Trop tard la Toile t'a pris
Courbée vers l'écran d'étoiles
L'âminternaute supplie

Voulez-vous télécharger ?
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J'exécute sans penser

NOUVEAU MESSAGE
Vous n'êtes pas seul
Mon immortel,
Vous n'êtes pas seul !

I love you
Le croyez-vous ?
La mémoire du disque est pleine :
Effacez vos souvenirs.

Attention aux Maladies
Virtuellement Transmissibles.
L'antivirus a craqué
Effacer indésirables ?

Un pixel est sur ta joue
Infime grain de beauté
Le moniteur furieux déchaine les couleurs
Et t'engloutit.

Le métal d'une voix claire
Grésille sur mon bureau
Le micro crache sa glaire
Je traaa-rraaa-traaaa-ime

Métamorphosé l'amour
                Erreur
Impossible d'accéder au serveur
Ton oeil torturé se déchire.

Mettre en ligne les échecs
                Une salve
Voulez-vous vider la corbeille ?
Effacé l'Historique.

Accusé
                levez vous
Réception annulée
La Toile à perpétuité
Absorbé par le remous

Dans l'ombre du flot soudain
D'information
L'épingle tirée du pirate
Joue sur notre inanition.  

« L'horrible soif qui me déchire
Aurait besoin pour s'assouvir
D'autant de liens qu'en peut tenir
Le réseau ; — ce n'est pas peu dire »

Perfusion électronique
Immobile
Mais sans fil :
Ma Liberté connectique.

Si tu m'aimes tu me cliques
Accepter l'invitation
Mon avatar d'électrons
S'envole vers l'Amérique.

Mon Amour mon Amérique !
Amertume magnétique
Accélère la connexion
Mon coeur est immatériel

Instantanément
                        docile
Trois cent soixante-cinq années
Livraison à domicile
Mariages – deuils – carte acceptée

J’ai passé la fibre au doigt
Squelettique d'une poupée
Numérique
Entièrement nue devant moi.

Voulez-vous quitter le programme ?
Le réseau trop réaliste
A raturé mon poème
Ses fleurs sont promises au roi

Le chargement a échoué
J'échoue au loin de ses bras
L'araignée la dévorera.
Voulez-vous réessayer ?
par M.D. Arakiri publié dans : Poésies
Lundi 4 février 2008
Majuscule
   
Une étrange épitaphe a traversé ton dos.

Verbe

        Je me déshabille. La vie est une lente hallucination : tu en es la preuve. J'ai entendu dans la nuit une tache blanche et silencieuse. Elle est passée près de moi pour que je me souvienne.
        Les souvenirs qui ronronnent. Tu es passée près de moi afin qu'ils me reviennent. Puis j'ai vu jouer des mains d'enfants avec cette ombre candide. Mais ces mains furent blessées, des blessures ont coulé une rouge liqueur et de noirs rochers qui étouffèrent les fleuves, ces longs fleuves où l'enfance avait semé ses oeufs.
        J'ai vu l'énorme griffe d'un monstre arracher au courant les serpentins d'écailles. Et les fleuves ont rougi jusqu'à s'en épuiser.

Mot

L'Espérance unique d'un hasard.

Verbe

        Alors, j'ai pu me lever, l'ombre claire avait tracé sur l'herbe un sentier de velours. Elle est passée près de moi, j'ai ressenti – je m'en souviens – les meurtrissures d'un effleurement. À jamais j'en fus affecté.
        Maintenant que je me déshabille, maintenant que j'ôte ces vêtements je ne puis quitter la peau neuve qui fût scellée à la mienne. J'avance nu sous l'enveloppe des caresses oubliées.
        Ce fantôme a laissé ses pigments sous ma chair. Jamais plus je n'éprouverais cette étrange fluorescence aperçue dans le reflet que m'offrait alors la lune. J'ai vu qui brillait sur moi la potion de son amour.
        Car j'y fus baigné longtemps. L'espace d'une éternité que nul n'a pu percevoir.

Lettres

                        Sexes dressés des sons
                        Sexes sous l'encre ouverts

Verbe

        Quatre lettres auraient dû suffire. Deux jumelles accouplées au même sexe des voyelles. Mais je n'osai rien alors, et j'ai salué cet ange.
        Elle ne m'a pas regardé. Elle ne me gardera pas. Elle est passée près de moi. Ce n'était qu'un éclair dans l'hallucination. Le déploiement majestueux d'une souplesse électrique. Coulée blanche dans la nuit noire, noir serpent dans l'herbe aux brins violets et bleus. La suave sécrétion d'une nuée vivante que la nuit reçoit, comme un sacrifice à son ventre fertile, entièrement soumise à l'amour.

Virgule,

L'éjaculation prédestinée d'un sens.

Verbe

        Elle est passée près de moi
        Elle emportera la vie.

Nom

                        Quatre lettres d'un prénom
                        Ma fille, Ton enfant
                        Notre hallucination
                        Ta Chair avec mon Sang.

Point

Printemps toujours prêt à éclore.

par M.D. Arakiri publié dans : Poésies

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M.D. Arakiri
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