Tournent, tournent les étoiles ;
Mais le ciel ennemi
Se déroule, s'étale,
Aux confins de la nuit
Tombent, tombent les mirages,
Emportés dans l'oubli ;
Je m'effondre, en nage,
Le doute s'établit ;
Entre les arbres, m'évade,
Sous le ciel obscurci
Des branchages nomades,
Proies des vents de la vie ;
Terrassé, vaincu,
Ma force s'appauvrit :
Je reste là, perdu,
Sans regrets, sans envies...
Fatigue, toi l'unique
Magicienne de l'âme
Tu mens et fabriques :
Le désespoir de l'homme
Entraînes celui de cause,
Perdue d'avance certes,
Parfois lorsque tu oses
Achever l'espoir qui reste
Tu trompes à tour de bras
Les sages, l'éléphant,
Tous, oui tous y croient
Semences de désarroi
Croisement des chemins
Chemins de croix seulement
De tes proies dès demain
De leurs choix impuissants
Amputés des deux mains
Cloués sur le bois sec
Tes claquements de mains
Rythment leur destin
Desseins incertains
De tes actes malsains,
Complaisent à mes plaies
Que pansent mes pensées
Viens à moi, viens
Je me retiens
De vivre à ma guise
Après toi m'épuise
Vers toi m'élance
Erreur immense
Illusion rance
Douleur atroce
Si je te touche
Tu disparais
Quand je souffre
Tu renais
Mais ce n'est que
Pour mieux m'achever
Là, au milieu
De ton chevet
Lorsqu'enfin
Je te tiens
Tu t'envoles
Dégringoles
J'entends l'écho
De tes mots
Avant même
Que tu ne parles
Du déjà vu
Vu et relu
Inspiré
Du passé
Tu ne vois pas
Plus loin que l'endroit
Où pointait ton nez
Hier au soir
Tu t'enfuis
Je me rappelle
T'avoir déjà
Laisser partir
Toi qui n'existes pas
Pas plus que moi
Pas moins qu'eux
Qui te dégoûtent
Que cherches-tu
Que je n'ai pas trouvé,
Quoi de plus
Que des illusions
Bien ordonnés
Dans ta pensée
Qui vagabonde
Vastes mensonges
À toi-même
Tu t'ignores
Et te recherches
A quoi bon ?
Tu m'ennuies
À réfléchir en vain
À toutes ces choses
Abandonnées
Tyrosine et Dopamine
Excitent dans mon corps
Ma dépendance, l'erreur,
Plaisirs infimes
Bonheur superflu
Compense le flux
Dans mes veines
S'écoulent les peines
Addiction
Absurde substitution
Pulsions
Douce déraison
Nicotine et caféine
Cocktail détonant
Plaisir infime
Mais épuisant
Fuite entreprise
Trop tard trop tôt
Pour lâcher-prise
Enivrant dépôt
Des substances,
Inlassables fabricantes
Des labyrinthes
De l'errance
Acides, suicides
Conséquences imparables
Des moments de plaisirs
Infimes, interrompus.
J'entends crier
Mon nom
J'entends pleurer
Sursaut, réveil
Je dormais
Je dormais...
J'entends au loin
Qu'on m'appelle
J'entends hurler
Tremblement, sueur
Je dormais
Je dormais...
J'entends souffler
Tout près de moi
J'entends ta voix
Panique, horreur
Je dormais
Je dormais...
Je te sens, à côté
M'approcher
Tu es là, juste là
Lumière, Douleur
Je rêvais
Je rêvais...
Me voilà encore
Assis au chevet
Seul éveillé
J'aimerais vous dire
Que j'ai changé
Que ça me plaît
De m'attendre
J'aimerais vous lire
Ces mots étrangers
Qui m'attirent
Vers des sentiers
Que je parcourrai
De plus rien qui soit
Je ne me soucierai
Emporté par le soir
Loin là-bas, arrivé
Dans ces terres
Qu'encore j'ignore
Je m'égarerai
J'aimerais vous chanter
Ces louanges
« Ô Amours, anges
Vous qui m'emportez
Loin là bas, me perdez
M'éloignez de la vie
Des erreurs des envies
Qui me hantent, m'effraient
J'aimerais vous remercier
D'être, d'avoir été
Avec moi devenir
Éclaircir mon avenir »
Aucune de tes paroles
Ne pourra jamais égaler
L'éveil de mes sens
Au moindre de tes silences
Tes mots
Valent tout l'or
D'un aveugle
À la lumière
J'apprécie plus encore
Ta présence
Lorsque paupières closes
Ne la soupçonne plus
Ton charme silencieux
M'enivre
De tonnes de mots
Inutiles
Toutes les paroles
Des sages
Ne valent pas
Ton silence
Pourquoi perds-tu
Toute ta valeur
Lorsque tes lèvres
Tu uses en vain
Par quelle magie
Tes pensées
Brillent-elles
Si fort ?
Comment peux-tu
M'en dire autant
Sur ton temps
Sur moi-même ?
Comment comprendre
Tous tes silences
Comment les prendre
Sans faire erreur
J'admire la clarté
De ton absence
L'obscurité
De ton discours
Ta présence brille
Plus que jamais
Lorsqu'enfin
Tu te tais
Absence, silence
Paroles, farandoles
Peau, Drapeau
Mots, Étaux
Regard, Phares
Discours, Contours
Présence, Errance
Destin, Chemin
[« Le langage que tu tiens est désespérant, et le film d'où il vient doit être navrant »
Debout sur le Zinc]
Ce qui la nuit parfois
M'empêche de partir
M'éloigne du trépas
L'océan trop lointain
Le ciel bien incertain
C'est dans tes yeux
Que me perdre je veux
Dans les mirages
De tes soupirs
Sur ces rivages
Aux perles noires
J'aimerais savoir
Te raconter
Juste pouvoir
T'écouter
Sans mot te dire
Si simple, sans détour
Le silencieux, le pire
Cet aveu : mon Amour
Aucune de mes paroles
Ne pourra jamais égaler
L'éveil de mes sens
Au moindre de tes silences
Je vous livre ça tel quel, pas de retouche, pas de modif... (C'est moche !) :
Besoin des yeux d'une autre, anonymes, miroirs
Besoin d'une bouche à embrasser, anonyme, humide
Besoin d'une femme à étreindre, anonyme, chaleureuse
L'alcool rend con
Oh, l'alcool rend con
L'alcool rend con
L'alcool rend con
L'alcool rend con l'alcool rend con
L'amour rend fou
L'alcool rend con
L'amour rend fou
L'alcool rend con
Que fuir
Quoi faire
Pourquoi s'enivrer
À quoi s'attacher
Pourquoi changer
Pour crever ?
Pourquoi rêver
Pour s'éveiller ?
Pour un jour
Une nuit
Un soir
Une vie
D'alcool se remplir
Des doutes se libérer
Du sang se vider
Des peines se soulager
Des mots étrangers
Se détacher
Des silences heureux
S'approcher
Perdre le temps
Les souvenirs
Gagner la vie
Quelques secondes
Et tout s'effondre
Et tout s'écroule
Reviennent le jour,
La nuit
Le soir
La vie
Les doutes
Le sang
Les peines
Les mots
Le temps
La mémoire
....
Meurs !
Paris, dimanche 19 février 2006
Paname m'inspire-t-elle
Autant qu'ailleurs
Au mieux peut-être
Ou moins, d'ailleurs ?
Où sont-ils
Tous ces pays
Ces îles
Les Déserts ?
Simples illusions
Tromperie
À ma déraison
Utopie ?
Ces monts, ces plaines
Rives et ravins
Océans, courants
Glaciers, Forêts ?
Le monde est-il si vaste
Que toute une vie
Ne peut
Lui suffire ?
Ma peine est si petite
Et pourtant, je ne peux
Pas plus l'expliquer
Que l'univers entier
Comment pourrais-je comprendre
Ce qui m'est étranger
Si je ne peux
M'expliquer à moi-même ?
Où est ma solitude
Où sont mes altitudes
Mes monts, mes sommets
Mes fonds, mes fossés ?
Qu'est-ce qu’est ma douleur
Parmi celles des hommes
Qu'est-ce qu’est ma vie
Dans l'infini ?
Montagnes
Ravins
Forêts
Canyons
Avancer
Bobards
Pipeau
Mensonges
Traîtresses
Détour
Sentiers
Ruisseaux
Vallées
Roseaux
S'évader
Amours
Cruelles
Ruptures
Erreurs
Retour
Icebergs
Pics
Roche
Crevasses
Coincer
Cieux
Étoiles
Nuages
Mortels
Finir...
Si j'étais devenu quelqu'un, si ma présence obtenait soudainement un sens je vous le ferais savoir. Vous seriez les premiers, et je m'en vanterais. Je le clamerais, haut fort et signé. Je l'écrirais partout, sur les murs et dans le ciel. Mais je reste ce que je suis, et seule mon âme le sait. Je reste ce que j'ai été. Les jours passent et rien ne change. L'univers se déroule sans doute comme il le doit, mais il reste dur d'y croire. J'avance à pas feutrés, non pas masqué, mais lassé : lassé d'avant autant que de ce qui m'attend. J'aimerai pourvoir en toute sérénité, chercher, six pieds sous terre dans mon cimetière, j'aimerai y perdre mon éternité : chercher l'or du temps, loin des gens, loin du sang. Ne plus savoir parler, ne plus pouvoir aimer. Ne plus savoir écrire, ne plus pouvoir souffrir. J'aimerais gâcher le cœur des hommes, le leur ôter le déchiqueter. J'aimerai enfin tuer l'amour des femmes, souiller leur âme. J'aimerai sortir de ce cauchemar, errer sous terre et ne plus m'enivrer des longs discours, d'inutiles recours à votre secours. Connaître enfin la solitude, celle que l'on ne peut plus rompre, celle-là, la seule, qui jamais ne vous laisse tomber. J'aimerai vous oublier, mais tant que je vivrais, je ne pourrais y arriver...
De moi De toi
Douter Rêver
Je ne Je ne
Veux plus Veux pas
Comment te dire
Des années de silence
Donner un sens
À mon empire
Pourquoi Pourquoi
Parler T'aimer
Est-il En suis-je
Si dur Sûr ?
Comment les prendre
Enfin en main
Les futures cendres
De mon destin
De nous Du temps
Rêver Douter
Je ne Je ne
Peux plus Veux pas
Comment pourrais-tu
Les recevoir
Entre deux gares
Ces mots perdus
?
Dans cet univers glacé
Il y a moi, il y a elle
Chacun de notre côté
Le frisson des soirées
En solitaire
Par la nuit, se laisser faire
Le reflet froid du miroir
Qui ne profile à la lumière
Que mon visage
Le vent s'écoule sous ta peau
Est-ce le même
Que sur la mienne ?
L'air qui gèle mes peines
traverse-t-il ton corps
Avant mes veines ?
Ô couple,
Comme je vous envie
Tous deux réunis
D'amour flamboyant
...
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Algorithme encombrant
Calcul épuisant
Mesures inchiffrables
À quoi riment ces chimères ?
Interprétations bidon
Falsification du réel
Nos yeux nous portent
A quoi bon s'irradier ?
Pourquoi vouloir penser
Plus haut que l'univers
L'homme doit errer
À quoi sert de schématiser ?
Nos idées
Sont conçues pour voler
Pas pour être prouvées
Ou pour perdurer

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