Textes

Lundi 30 janvier 2006

J'écoute à ma fenêtre :
Passent les trains
Qu'emportent les vents
Dans ces pays, au loin ;

 
Je regarde aux cieux :
Volent tous les avions,
Filent entre les étoiles
Aux lointains horizons ;

 
Sous mes pieds fourmille,
Transporte les badauds,
Le métal qui grésille,
Longue voie de métro ;

 
Les passions d'un instant
Des transports en commun,
Drôles de relations
Avec des inconnus,

 
Les passantes pressées
Laissent lire dans leurs yeux
Le temps, leur journée,
Fatigantes habitudes !

 
Chemins interminables
Qui restent à parcourir,
Retour à l'éphémère :
La marche solitaire

 
Pas à pas se profilent
Allées, axes et boulevards,
Les voitures qui défilent,
Va-et-vient des trottoirs

Vendredi 27 janvier 2006
Vidéo :
J'ai vomi dans mes cornflakes
Pierrick Servais
(voir site officiel)




( "Clic Droit, Enregistrer la Cible sous" pour télécharger la vidéo)

 

    " Si les enfants veulent tous devenir astronautes, c'est pour se barrer de cette terre où ils devront vivre toute leur vie. Ensuite ils grandissent, oublient la NASA à cause d'un 5 et demie en maths, écoutent du black métal et vomissent la bière vendue par packs de 30. Ils se haïssent eux-mêmes sans trop savoir pourquoi. Le lycée leur apprend les modalités de l'échec, de l'humiliation, de la clope et du suicide. Ceux qui auront leur bac se ruineront en malibu-coca. Puis, le soleil éclaire un peu plus leur chemin, ils voient un peu mieux l'avenir parce qu'il n'y en a pas, ils se psychanalysent eux-mêmes en découvrant que ce n'est peut-être pas seulement de leur faute.

 

    Alors, on se met à faire de la politique. « Un autre monde est possible », le changer serait tellement « cool». Ils achètent des t-shirts avec des étoiles rouges, et trouvent le mot « Révolution » très beau. Ça ressemble à "revolver" , mais surtout à « évolution ». Ils arrêtent de manger du McDo, refusent d'être français, ne regardent plus la météo : de toute façon demain il pleuvra.

 
    Le doute se mêle à leurs tentatives - vaines, forcément. Pourquoi refaire le monde, puisqu'il va péter ? Et puis ils se rendent compte que boire une bière fraîche avec une belle brune, c'est pas si mal. Le regard d'une fille vaut mieux qu'un combat perdu d'avance. « L'amour pas la guerre », ce genre de conneries. On emmerde une dernière fois la société, et on revend son poster du Che. Cette fille devient notre femme, la bière fraîche devient notre bide. On s'entasse dans un meublé qu'il faudra payer , un boulot et puis une bagnole, avec l'ouverture centralisée et la clim' en option. On économise pour Noël et un peu d'soleil à la plage. On devient gros, moche, aigri. Les p'tits cons arrêtent de jouer dans notre pelouse, et on se souvient qu'avant on avait des projets... On se souvient... On était jeunes, pleins d'idées, tout ça pour rien. Parce que maintenant on attend, comme tout le monde, son abonnement au programme télé. Alors, avant de mourir, on va voir son petit-fils. Il veut devenir astronaute...


    Deviens-le, c'est ta seule chance... "

 

Pierrick Servais

 

Vendredi 27 janvier 2006

L'oiseau qui s'envole, sait qu'il va se poser, mais il ne sait pas où, il ne sait pas quand... finalement, il ne se pose pas là ou il veut, mais là ou il doit. Et si un chat l'attendait, tapis là, lui aussi sans savoir pourquoi, le tue ? La mort fait partie de la vie. La vie n'existe pas sans la mort. L'oiseau est mort comme il le devait. Pas comme il voulait. Et si l'oiseau saisit que la vie peut suivre son cours à tout moment, et lui voler ces ailes, alors jamais il ne se demandera s’il doit être ou pas. Il sera simplement, infiniment, et l'inconscience du lendemain sera compensée par l'ignorance du présent, l'abstraction de la pensée même de la mort, et de la volonté.


Vendredi 27 janvier 2006


Appel à l'aide
Hurlement inaudible

 
Oppressante obscurité
Les idées affolées
Traversent les couloirs
Sans issue de l'espoir

 

 Appel au secours
Étouffé de la mort

 
Indescriptible douleur
Aux parfums innommables
Aux douces mélodies
Des remords, de l'aigreur

 
Écho appauvri
En retour à mes cris

 
Lire entre ces lignes
Qui donc le pourrait,
Qui le comprendra,
Comment le feraient-ils ?

Jeudi 26 janvier 2006

[Édit : Pourquoi ces parenthèses ? Parce que je ne pense pas réellement croire en tout ça...]

 

 

 

« L'Autre »

 

( je ne prétends pas tout savoir ou avoir pu tout comprendre grâce à mes réflexions personnelles sur la vie. Je ne prétends pas non plus ne plus rien avoir à apprendre. Je prétends que nul ne pourra me convaincre ; quels que soit, et aussi justes soit s'ils, ces arguments pour me faire changer d'avis. Car quand bien même je pourrais à l'aide d'un(e) autre alléger le poids que chacun doit porter il me semble, poids qui me paraît aujourd'hui impossible à traîner de jour en jour par la seule force d'épuisement qui m'anime.

 

Quand bien même je trouverai cette personne qui voudrait m'aider : un ami, une petite amie... quel que soit la force avec laquelle cette personne tiendra à moi, il/elle restera un individu, dont le propre est d'être éphémère. Un individu et un autre ne peuvent pas former quoi que se soi d'éternel à deux : l'éternel ne peut être atteins que dans la Solitude. L'autre est comme nous appelé à disparaître. Rien ne peut l'empêcher. À quoi bon chercher l'autre en vain quand on sait que l'atteindre ne changerait rien ? Mais à quoi bon s'attacher alors ? Sur quoi planter les racines qui nous soutiennent ? Faut-il les éparpiller sur le plus d'individus possible, de façon superficielle, sans appuyer pour ne rien endommager et pour pouvoir rompre les liens avec une facilité qui n'engendrerait pas de douleur ? Faut-il les plonger autour des choses, qui elles sont immortelles : les vents, la lune, les drogues ! Faut-il pour cela se détacher de la notion d'individu et d'altérité ? De la notion de l'autre ?

 

Ne croyez-vous pas qu'il faille plutôt s'enraciner en nous-mêmes ? Enfoncer des piliers au fond de nous, qui paradoxalement nous renforcent et nous alourdissent. S'emmêler dans les constructions de l'avenir sur les ruines du passé, démolir nos avancées accomplies vers l'extérieur de notre être, et ruinant le futur, réhabiliter en nous les souvenirs ? Des fondations en souvenirs qu'alourdissent une bâtisse de questions. Mais cette invraisemblable construction n'aura plus à supporter le poids des douleurs éphémères. Elle sera infinie. Si elle s'effondrer, nous nous effondrerons ensembles. Si nous chutons, elle viendra avec et ne se brisera pas. Elle sera plus « nous » que nous ne le serons jamais. Cet ouvrage à un nom : c'est la Solitude. Et toute réflexion me ramène à elle. Plutôt que de maudire celui qui en premier m'a appris que Dieu n'existait pas, plutôt que de haïr celle que j'aimai, la première, ne dois-je pas les remercier de m'avoir fait comprendre que rien qui soi extérieur à nous même ne soit assez fort, assez stable pour nous porter ? Rien d'autre que cette immense construction intérieure que chacun voulant survivre doit accomplir. Tout revient à la Solitude.

 

Est-elle vraiment accessible à l'individu lambda, quiconque la cherche peut-il l'atteindre et si oui comment le peut-il ? N'est-elle pas simplement le rêve d'une raison qui n'a pas lieu d'être ? Est-elle vraiment celle qui rend l'homme, étrangement, moins seul face à sa vie ? Est-elle finalement à ranger à côté de l'amitié, de l'amour, de Dieu et de la sagesse dans le tiroir des illusions déjà usées ? Comment savoir une fois l'édifice accompli en nous, s’il ne se dressera pas contre nous ? Et s’il était celui qui nous conduira à notre perte, serait-ce défaite ou victoire ? Il est impossible de répondre à ces questions sans avoir pu l'effleurer de l'âme.

 

Si tel était le cas, l'homme n'aurait plus besoin de se chercher ailleurs qu'en lui-même, qu'au plus profond de son coeur, de ces souvenirs. Quand la société atteindra-t-elle enfin cet état d'autosuffisance humaine, d'immortalité ? Suis je fou ? Qui pourrait me le dire à l'heure actuelle ? Mes mots sur le papier me semblent si justes ; sont-ils tant déraisonnables que je suis seul à pouvoir les comprendre ? Et que penserez-vous de moi, qui n'en aurais plus rien à faire de vos avis une fois atteints la solution et la réponse à toutes mes questions ?

 

Combien pensent comme moi ? Suis je vraiment fou ? J'aimerai le savoir, je pars chercher cette réponse au fond de moi même, sans espoir d'y trouver autre chose que de nouvelles questions, de nouvelles douleurs pour de nouvelles insomnies. )

Samedi 21 janvier 2006
Quand je te regarde
Dans le miroir
J'ai honte de moi


Quand tu scrutes
Dans mes reflets
Les yeux de l'autre


Quand je t'observe
Depuis le bleu
De tes pupilles


Il se reflète
Dans les étoiles
De ton visage


L'affreux remord
Qui hante le revers
De mes yeux

Jeudi 19 janvier 2006

Les papillons
Qui ne vivent qu'un jour
Un beau matin
Ne voleront plus


Les hirondelles
Fières des saisons
Un beau matin
Ne chanteront plus


L'éphémère subsistera-t-il
Au soir venu
Quand ne seront plus
Hirondelles ni papillons ?


Les grands arbres
Allures imposantes
Un beau matin
Ne pousseront plus


Les papillons
Qui meurent un jour
Un beau matin
Ne mourront plus


Que restera-t-il
Au soir venu
Quand ne vivront plus
Arbres ou papillons ?


Grandes cités de béton
De pleurs et de métal
Un beau jour
Apparaîtront


Loin au-dessus
Des cendres du monde
Un beau jour
Seront les Hommes


Que restera-t-il
Enfoui sous la ferraille
Du temps qui s'écoulait,
De la terre ferme ?


Les montagnes
Infranchissables
Ne seront plus
Que ravins


Les chemins
Deviendront routes
Les forêts
Seront déserts


Que deviendrons-nous,
Pantins d'acier
Sans forêts ni chemins
pour s'égarer ?




Les vents
Quoi qu'il arrive
Tous les matins
s'essouffleront


La Lune
Quoi qu'il advienne
Toutes les nuits
Brillera en vain


Me quitteront-elles
Un beau matin
Ses envies
D'infini ?

 

Tant que seront
Debout les hommes
Se consumeront
Les éphémères


La cigarette
Quel que soit le Ciel
Brûlera encore
Entre mes doigts



Quelle chose alors
Est immortelle
Si ce n'est
La solitude
?



Samedi 14 janvier 2006

J'aimerais écrire des mots d'amour

Parce que parler c'est pas mon fort.
J'aimerais écrire des mots d'amour,
Les faire jaillir de mes trois accords, mais
J'ai un peu froid, comme a dit l'autre,
Et ce long frisson qui n'en finit pas.
J'ai un peu froid, mauvais apôtre,
Mon cafard me lâche moins souvent qu'autrefois.

J'aimerais écrire des mots d'amour
Parce que le reste, c'est pas grand-chose.
Je l'ai appris et à mon tour
Je te le livre un peu ; je te propose
De laisser le long du discours
Nos contentieux et les comptes à rebours,
D'oublier le temps d'un refrain
Ce bon vieux réflexe ; moi j'en garde pour demain.

Des mots pour toi mais que je n'dis pas.
Ceux-là.

Quel était le refrain du jour ?
Si je l'oublie, je cède encore.
J'aimerais écrire des mots d'amour,
Jeter l'éponge, un peu, tenter le sort.
Une pause ici pour poser là,
Entre deux conflits, entre deux coups d'éclat.
Une pause pour dire autour de moi,
Mon ami, mon frère, mon amour, écoute-moi.

Des mots pour toi mais que je n'dis pas.
Ceux-là.

Debout sur le Zinc
par Arakiri publié dans : Chansons
Samedi 14 janvier 2006

Amour :

Singulière
Appellation
De souffrances
 Multiples

 
Aberration
Plurielle
D'une douleur
Unique

 
Déformation
D'une réalité
Information
Erronée

 
Illusion
Vaste mensonge
Des songes
De l'enfance

 
Déception
Permanente
Résignation
Solitaire

 

Amours
Utopies
Désinvoltes
Mises à mort

Mardi 10 janvier 2006

Tout s'échappe dans la fumée
D'une cigarette
Au petit jour
La vie s'arrête


De mes poumons
Qui s'enfument
Mon esprit
Dégringole


Tout s'échappe dans la fumée
D'une blonde
Dans ses yeux
Fini le monde


Consume la vie
Ternis l'espoir
Va et viens
De nihilisme


Tout fout l'camp dans la fumée
D'une cigarette
Le moment venu
L'erreur est faite


Puis tout est plus lourd
Tout est plus dur
Le temps reprend son cours
Souffle encore l'amour


Tout termine dans la fumée
D'une blonde
À la nuit tombée
L'esprit se dévergonde

Dimanche 8 janvier 2006

Seize ans déjà
Seulement seize ans
 

Un quart pour découvrir
Un second pour grandir
Un autre pour mûrir
Un dernier pour souffrir
 

Qu'adviendra-t-il de pire
Combien de quarts encore
Me faudra-t-il alors
Pour en finir
?

Seize
ans seulement
Déjà
seize ans

Vendredi 6 janvier 2006



Blanche est la feuille
Comme rouge ton sang
Qui coule sous les draps
Tu ne respires plus

De te dire adieu

J'ai oublié
À Dieu
Je t'en remets

Blanche est la feuille
Comme noires les idées
Que je broie
Dans mon deuil

De t'écrire
J'ai estimé
Inutile
Encore une fois

Blanche est la feuille
Comme bleu ton ciel
À présent
Tu es seule

Contemple-le
Ne regrette rien
Sans moi
Personne

Blanche est la feuille
Comme noire la nuit
Où je ne t'ai plus aimé
Morbide libération

Tu étais tout
Tout a une fin
Le moyen
Est justifié

Blanche est la feuille
Comme clair mon esprit
Où sombre mon âme
Heureux désarroi

Le tien s'arrête
Le mien est venu
Le nôtre révolu
Le temps continue

Morte est la femme
Comme éteinte ma douleur
Vole la feuille
Comme libre mon cœur

Libre mon cœur
Comme oublié l'amour
Évidente ta mort
Comme éteinte la douleur

 
La morale de cette histoire, restant sans queue ni tête :

La passion a ces limites là où elle gène celle des autres
La liberté là où elle perd son sens


Dimanche 1 janvier 2006

Lettre ouverte à l'eau-de-vie :

 

« Toi, transparent
Liquide dans mon sang
Irrigue mon corps
Jusqu'à ma mort

 

Sans attention
Emporte-moi
Dans ta confusion
Ne m'y laisse pas

 

Fais-moi passer
De l'autre côté
Donne-moi à rêver
Garde mes sens éveillés

 

De mon cœur battant
Libère-toi
Enivre-moi
En un instant

 

Demain est un autre jour
Jamais je ne t'en voudrais
N'oublie pas notre amour
Rappelle-toi nos absences
»

Dimanche 1 janvier 2006

Ignorance attirante
De retour sur Terre
Je ne sais pas
Ne veux pas savoir

 

Mal au cœur
Les jambes épuisées
Les yeux mi-clos
La tête écartelée

 

Se regarder
S'insouvenir
Te négliger
Ne plus te voir

 

Ivresse impardonnable
Questions sans retour
Idioties d'une nuit
Erreurs sans demi-tour

 

Entremêlés
Aveuglés par l'ivresse
Regrets informulés
Déjà pardonnés

 

Seul, paisiblement
Te délaisser simplement
Égoïsme intrinsèque
Haine masquée, à peine

 

Pour ce soir
Te serrer
Demain
T'oublier

 

Idiote !
Ne vois-tu pas
Sotte,
Que je ne t'aime pas ?

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M.D. Arakiri
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