J'écoute à ma fenêtre :
Passent les trains
Qu'emportent les vents
Dans ces pays, au loin ;
Je regarde aux cieux :
Volent tous les avions,
Filent entre les étoiles
Aux lointains horizons ;
Sous mes pieds fourmille,
Transporte les badauds,
Le métal qui grésille,
Longue voie de métro ;
Les passions d'un instant
Des transports en commun,
Drôles de relations
Avec des inconnus,
Les passantes pressées
Laissent lire dans leurs yeux
Le temps, leur journée,
Fatigantes habitudes !
Chemins interminables
Qui restent à parcourir,
Retour à l'éphémère :
La marche solitaire
Pas à pas se profilent
Allées, axes et boulevards,
Les voitures qui défilent,
Va-et-vient des trottoirs
J'ai vomi dans mes cornflakes
Pierrick Servais
(voir site officiel)
( "Clic Droit, Enregistrer la Cible sous" pour télécharger la vidéo)
" Si les enfants veulent tous devenir astronautes, c'est pour se barrer de cette terre où ils devront vivre toute leur vie. Ensuite ils grandissent, oublient la NASA à cause d'un 5 et demie en maths, écoutent du black métal et vomissent la bière vendue par packs de 30. Ils se haïssent eux-mêmes sans trop savoir pourquoi. Le lycée leur apprend les modalités de l'échec, de l'humiliation, de la clope et du suicide. Ceux qui auront leur bac se ruineront en malibu-coca. Puis, le soleil éclaire un peu plus leur chemin, ils voient un peu mieux l'avenir parce qu'il n'y en a pas, ils se psychanalysent eux-mêmes en découvrant que ce n'est peut-être pas seulement de leur faute.
Alors, on se met à faire de la politique. « Un autre monde est possible », le changer serait tellement « cool». Ils achètent des t-shirts avec des étoiles rouges, et trouvent le mot « Révolution » très beau. Ça ressemble à "revolver" , mais surtout à « évolution ». Ils arrêtent de manger du McDo, refusent d'être français, ne regardent plus la météo : de toute façon demain il pleuvra.
Deviens-le, c'est ta seule chance... "
L'oiseau qui s'envole, sait qu'il va se poser, mais il ne sait pas où, il ne sait pas quand... finalement, il ne se pose pas là ou il veut, mais là ou il doit. Et si un chat l'attendait, tapis là, lui aussi sans savoir pourquoi, le tue ? La mort fait partie de la vie. La vie n'existe pas sans la mort. L'oiseau est mort comme il le devait. Pas comme il voulait. Et si l'oiseau saisit que la vie peut suivre son cours à tout moment, et lui voler ces ailes, alors jamais il ne se demandera s’il doit être ou pas. Il sera simplement, infiniment, et l'inconscience du lendemain sera compensée par l'ignorance du présent, l'abstraction de la pensée même de la mort, et de la volonté.
Appel à l'aide
Hurlement inaudible
Oppressante obscurité
Les idées affolées
Traversent les couloirs
Sans issue de l'espoir
Appel au secours
Étouffé de la mort
Indescriptible douleur
Aux parfums innommables
Aux douces mélodies
Des remords, de l'aigreur
Écho appauvri
En retour à mes cris
Lire entre ces lignes
Qui donc le pourrait,
Qui le comprendra,
Comment le feraient-ils ?
[Édit : Pourquoi ces parenthèses ? Parce que je ne pense pas réellement croire en tout ça...]
« L'Autre »
( je ne prétends pas tout savoir ou avoir pu tout comprendre grâce à mes réflexions personnelles sur la vie. Je ne prétends pas non plus ne plus rien avoir à apprendre. Je prétends que nul ne pourra me convaincre ; quels que soit, et aussi justes soit s'ils, ces arguments pour me faire changer d'avis. Car quand bien même je pourrais à l'aide d'un(e) autre alléger le poids que chacun doit porter il me semble, poids qui me paraît aujourd'hui impossible à traîner de jour en jour par la seule force d'épuisement qui m'anime.
Quand bien même je trouverai cette personne qui voudrait m'aider : un ami, une petite amie... quel que soit la force avec laquelle cette personne tiendra à moi, il/elle restera un individu, dont le propre est d'être éphémère. Un individu et un autre ne peuvent pas former quoi que se soi d'éternel à deux : l'éternel ne peut être atteins que dans la Solitude. L'autre est comme nous appelé à disparaître. Rien ne peut l'empêcher. À quoi bon chercher l'autre en vain quand on sait que l'atteindre ne changerait rien ? Mais à quoi bon s'attacher alors ? Sur quoi planter les racines qui nous soutiennent ? Faut-il les éparpiller sur le plus d'individus possible, de façon superficielle, sans appuyer pour ne rien endommager et pour pouvoir rompre les liens avec une facilité qui n'engendrerait pas de douleur ? Faut-il les plonger autour des choses, qui elles sont immortelles : les vents, la lune, les drogues ! Faut-il pour cela se détacher de la notion d'individu et d'altérité ? De la notion de l'autre ?
Ne croyez-vous pas qu'il faille plutôt s'enraciner en nous-mêmes ? Enfoncer des piliers au fond de nous, qui paradoxalement nous renforcent et nous alourdissent. S'emmêler dans les constructions de l'avenir sur les ruines du passé, démolir nos avancées accomplies vers l'extérieur de notre être, et ruinant le futur, réhabiliter en nous les souvenirs ? Des fondations en souvenirs qu'alourdissent une bâtisse de questions. Mais cette invraisemblable construction n'aura plus à supporter le poids des douleurs éphémères. Elle sera infinie. Si elle s'effondrer, nous nous effondrerons ensembles. Si nous chutons, elle viendra avec et ne se brisera pas. Elle sera plus « nous » que nous ne le serons jamais. Cet ouvrage à un nom : c'est la Solitude. Et toute réflexion me ramène à elle. Plutôt que de maudire celui qui en premier m'a appris que Dieu n'existait pas, plutôt que de haïr celle que j'aimai, la première, ne dois-je pas les remercier de m'avoir fait comprendre que rien qui soi extérieur à nous même ne soit assez fort, assez stable pour nous porter ? Rien d'autre que cette immense construction intérieure que chacun voulant survivre doit accomplir. Tout revient à la Solitude.
Est-elle vraiment accessible à l'individu lambda, quiconque la cherche peut-il l'atteindre et si oui comment le peut-il ? N'est-elle pas simplement le rêve d'une raison qui n'a pas lieu d'être ? Est-elle vraiment celle qui rend l'homme, étrangement, moins seul face à sa vie ? Est-elle finalement à ranger à côté de l'amitié, de l'amour, de Dieu et de la sagesse dans le tiroir des illusions déjà usées ? Comment savoir une fois l'édifice accompli en nous, s’il ne se dressera pas contre nous ? Et s’il était celui qui nous conduira à notre perte, serait-ce défaite ou victoire ? Il est impossible de répondre à ces questions sans avoir pu l'effleurer de l'âme.
Si tel était le cas, l'homme n'aurait plus besoin de se chercher ailleurs qu'en lui-même, qu'au plus profond de son coeur, de ces souvenirs. Quand la société atteindra-t-elle enfin cet état d'autosuffisance humaine, d'immortalité ? Suis je fou ? Qui pourrait me le dire à l'heure actuelle ? Mes mots sur le papier me semblent si justes ; sont-ils tant déraisonnables que je suis seul à pouvoir les comprendre ? Et que penserez-vous de moi, qui n'en aurais plus rien à faire de vos avis une fois atteints la solution et la réponse à toutes mes questions ?
Combien pensent comme moi ? Suis je vraiment fou ? J'aimerai le savoir, je pars chercher cette réponse au fond de moi même, sans espoir d'y trouver autre chose que de nouvelles questions, de nouvelles douleurs pour de nouvelles insomnies. )
Dans le miroir
J'ai honte de moi
Quand tu scrutes
Dans mes reflets
Les yeux de l'autre
Quand je t'observe
Depuis le bleu
De tes pupilles
Il se reflète
Dans les étoiles
De ton visage
L'affreux remord
Qui hante le revers
De mes yeux
Les papillons
Qui ne vivent qu'un jour
Un beau matin
Ne voleront plus
Les hirondelles
Fières des saisons
Un beau matin
Ne chanteront plus
L'éphémère subsistera-t-il
Au soir venu
Quand ne seront plus
Hirondelles ni papillons ?
Les grands arbres
Allures imposantes
Un beau matin
Ne pousseront plus
Les papillons
Qui meurent un jour
Un beau matin
Ne mourront plus
Que restera-t-il
Au soir venu
Quand ne vivront plus
Arbres ou papillons ?

Grandes cités de béton
De pleurs et de métal
Un beau jour
Apparaîtront
Loin au-dessus
Des cendres du monde
Un beau jour
Seront les Hommes
Que restera-t-il
Enfoui sous la ferraille
Du temps qui s'écoulait,
De la terre ferme ?

Les montagnes
Infranchissables
Ne seront plus
Que ravins
Les chemins
Deviendront routes
Les forêts
Seront déserts
Que deviendrons-nous,
Pantins d'acier
Sans forêts ni chemins
pour s'égarer ?

Les vents
Quoi qu'il arrive
Tous les matins
s'essouffleront
La Lune
Quoi qu'il advienne
Toutes les nuits
Brillera en vain
Me quitteront-elles
Un beau matin
Ses envies
D'infini ?

Tant que seront
Debout les hommes
Se consumeront
Les éphémères
La cigarette
Quel que soit le Ciel
Brûlera encore
Entre mes doigts
Quelle chose alors
Est immortelle
Si ce n'est
La solitude
?

J'aimerais écrire des mots d'amour
Parce que parler c'est pas mon fort.
J'aimerais écrire des mots d'amour,
Les faire jaillir de mes trois accords, mais
J'ai un peu froid, comme a dit l'autre,
Et ce long frisson qui n'en finit pas.
J'ai un peu froid, mauvais apôtre,
Mon cafard me lâche moins souvent qu'autrefois.
J'aimerais écrire des mots d'amour
Parce que le reste, c'est pas grand-chose.
Je l'ai appris et à mon tour
Je te le livre un peu ; je te propose
De laisser le long du discours
Nos contentieux et les comptes à rebours,
D'oublier le temps d'un refrain
Ce bon vieux réflexe ; moi j'en garde pour demain.
Des mots pour toi mais que je n'dis pas.
Ceux-là.
Quel était le refrain du jour ?
Si je l'oublie, je cède encore.
J'aimerais écrire des mots d'amour,
Jeter l'éponge, un peu, tenter le sort.
Une pause ici pour poser là,
Entre deux conflits, entre deux coups d'éclat.
Une pause pour dire autour de moi,
Mon ami, mon frère, mon amour, écoute-moi.
Des mots pour toi mais que je n'dis pas.
Ceux-là.
Amour :
Singulière
Appellation
De souffrances
Multiples
Aberration
Plurielle
D'une douleur
Unique
Déformation
D'une réalité
Information
Erronée
Illusion
Vaste mensonge
Des songes
De l'enfance
Déception
Permanente
Résignation
Solitaire
Amours
Utopies
Désinvoltes
Mises à mort
Tout s'échappe dans la fumée
D'une cigarette
Au petit jour
La vie s'arrête
De mes poumons
Qui s'enfument
Mon esprit
Dégringole
Tout s'échappe dans la fumée
D'une blonde
Dans ses yeux
Fini le monde
Consume la vie
Ternis l'espoir
Va et viens
De nihilisme
Tout fout l'camp dans la fumée
D'une cigarette
Le moment venu
L'erreur est faite
Puis tout est plus lourd
Tout est plus dur
Le temps reprend son cours
Souffle encore l'amour
Tout termine dans la fumée
D'une blonde
À la nuit tombée
L'esprit se dévergonde
Seize ans déjà
Seulement seize ans
Un quart pour découvrir
Un second pour grandir
Un autre pour mûrir
Un dernier pour souffrir
Qu'adviendra-t-il de pire
Combien de quarts encore
Me faudra-t-il alors
Pour en finir ?
Seize ans seulement
Déjà seize ans
Blanche est la feuille
Comme rouge ton sang
Qui coule sous les draps
Tu ne respires plus
De te dire adieu
J'ai oublié
À Dieu
Je t'en remets
Blanche est la feuille
Comme noires les idées
Que je broie
Dans mon deuil
De t'écrire
J'ai estimé
Inutile
Encore une fois
Blanche est la feuille
Comme bleu ton ciel
À présent
Tu es seule
Contemple-le
Ne regrette rien
Sans moi
Personne
Blanche est la feuille
Comme noire la nuit
Où je ne t'ai plus aimé
Morbide libération
Tu étais tout
Tout a une fin
Le moyen
Est justifié
Blanche est la feuille
Comme clair mon esprit
Où sombre mon âme
Heureux désarroi
Le tien s'arrête
Le mien est venu
Le nôtre révolu
Le temps continue
Morte est la femme
Comme éteinte ma douleur
Vole la feuille
Comme libre mon cœur
Libre mon cœur
Comme oublié l'amour
Évidente ta mort
Comme éteinte la douleur
La morale de cette histoire, restant sans queue ni tête :
La passion a ces limites là où elle gène celle des autres
La liberté là où elle perd son sens
Lettre ouverte à l'eau-de-vie :
« Toi, transparent
Liquide dans mon sang
Irrigue mon corps
Jusqu'à ma mort
Sans attention
Emporte-moi
Dans ta confusion
Ne m'y laisse pas
Fais-moi passer
De l'autre côté
Donne-moi à rêver
Garde mes sens éveillés
De mon cœur battant
Libère-toi
Enivre-moi
En un instant
Demain est un autre jour
Jamais je ne t'en voudrais
N'oublie pas notre amour
Rappelle-toi nos absences »
Ignorance attirante
De retour sur Terre
Je ne sais pas
Ne veux pas savoir
Mal au cœur
Les jambes épuisées
Les yeux mi-clos
La tête écartelée
Se regarder
S'insouvenir
Te négliger
Ne plus te voir
Ivresse impardonnable
Questions sans retour
Idioties d'une nuit
Erreurs sans demi-tour
Entremêlés
Aveuglés par l'ivresse
Regrets informulés
Déjà pardonnés
Seul, paisiblement
Te délaisser simplement
Égoïsme intrinsèque
Haine masquée, à peine
Pour ce soir
Te serrer
Demain
T'oublier
Idiote !
Ne vois-tu pas
Sotte,
Que je ne t'aime pas ?


